La Serbie s’affirme aujourd’hui comme la digne héritière du football yougoslave


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BRUXELLES Quatre ans après sa qualification pour la Coupe du monde en Allemagne, la Serbie a décroché son ticket pour l’Afrique du Sud, dans un groupe où la France s’érigeait pourtant comme favorite.

Oubliée, la déception de l’Euro
Les scènes de joie se sont multipliées ce week-end, dans les rues de Belgrade, mais également dans tout le pays. La presse, elle, n’avait pas assez de superlatifs pour saluer la performance de son équipe représentative. Pour la deuxième édition consécutive, la Serbie s’est qualifiée pour la Coupe du monde. Mais c’est une première pour le pays, puisque, en 2006, il avait participé à la grande fête mondiale avec la participation du Monténégro.

On ne rangeait certes pas la Serbie au rang de favorite dans un groupe 7 particulièrement relevé qui regroupait la France, la Roumanie et l’Autriche. Mais l’exploit a eu lieu. “Les hommes de Radomir Antic ont réalisé le rêve de toute une nation, les Aigles (NdlR : référence au drapeau national) s’envolent vers l’Afrique après un match pour lequel ils méritent la meilleure note”, titrait la presse.

Samedi, dans un stade Marakana de Belgrade bondé, les hommes de Radomir Antic n’ont en effet pas fait durer le suspense face à des Roumains qu’ils ont littéralement étrillés (5-0).

Des valeurs sûres
Il est vrai que l’équipe ne manque pas d’atouts, dans chaque ligne, avec le défenseur de Manchester Nemanja Vidic, le meneur de l’Inter Dejan Stankovic ou le géant de Valence Nikola Zigic (2m05). Sans oublier les Belgicains Ivica Dragutinovic (aujourd’hui au FC Séville, après avoir transité par Gand et le Standard) et Milan Jovanovic, encore auteur de deux buts samedi. “Prendre la première place dans le groupe au sein d’une telle concurrence et obtenir une qualification une journée avant la fin, c’est énorme”, jubilait le Standardman, tout heureux de la perspective de prendre part à son premier grand tournoi international.

Il y a deux ans, la sélection serbe paraissait pourtant au plus bas. Versée dans le même groupe que la Belgique, la Serbie n’avait terminé que quatrième, derrière la Pologne, le Portugal et même la Finlande. Alors que la Slovénie et la Croatie seront déjà bien contentes avec un ticket pour les barrages, la Serbie s’affirme donc aujourd’hui comme la digne héritière du football yougoslave.

Antic : l’homme du renouveau
Radomir Antic est l’homme de ce renouveau. L’ex-joueur du Partizan, de Fenerbahçe, de Saragosse et de Luton Town est sorti de sa retraite pour relever le défi national. Après des passages plus ou moins réussis à Saragosse, au Real, à Oviedo, au FC Barcelone, à l’Atletico Madrid, sa dernière expérience malheureuse au Celta Vigo, en 2004, l’avait incité à prendre du recul. Pendant quatre ans, il devint commentateur sur une chaîne espagnole, tout en assurant des séminaires pour les entraîneurs en Serbie.

Pendant plusieurs années, il avait pourtant refusé le poste de sélectionneur. Dans un milieu miné par la corruption, ses liens avec la mafia, la pression est trop grande. Pour les vendre plus cher, les principaux clubs serbes veulent en effet voir leurs joueurs repris en sélection… Mais au lendemain du fiasco de l’Euro 2008, la fédération décide de lui donner les pleins pouvoirs. Désormais, encadrés par quelques joueurs expérimentés, des jeunes joueurs s’affirment. La qualification, au nez et à la barbe de la France, n’a donc rien d’un hasard. Mais, en Afrique du Sud, il s’agira de faire mieux qu’en Allemagne, où la sélection serbo-monténégrine avait perdu tous ses matches.

© La Dernière Heure 2009