"Nous sommes hors de l'Europe", a lancé l'entraîneur, Luigi Delneri, après la défaite à Parme (1-0)


ROME La Juventus Turin a complètement manqué la saison qui devait être celle du renouveau, un an après avoir déjà raté la Ligue des champions, et s'aprête à tout changer encore une fois à l'été.

Il était deux fois la révolution... La Juve avait tout changé l'été dernier, et elle a fait encore pire qu'en 2010. Elle n'a plus qu'une infime chance de jouer une Coupe d'Europe la saison prochaine.

"Nous sommes hors de l'Europe", a lancé l'entraîneur, Luigi Delneri, après la défaite à Parme (1-0), dimanche. La Juve a en effet une infime chance de rattraper l'AS Rome. Elle doit compter sur une défaite à domicile des Romains contre la Sampdoria, déjà reléguée, lors de la dernière journée. Et battre Naples elle-même.

Promise à la 7e place, comme l'an dernier, la Juve n'aura pas cette fois-ci de ticket pour la C3, ce dernier étant réservé à Palerme, finaliste de la Coupe d'Italie contre l'Inter, qui est déjà qualifiée pour la C1.

Une humiliation sportive pour le géant turinois et une catastrophe économique. Mais le match de dimanche est un raccourci de la nouvelle saison manquée de la +Vieille Dame+. Elle a ces dernières semaines dilapidé 4 points en se laissant rejoindre à domicile de 2-0 à 2-2 contre les modestes Catane et Chievo Vérone.

"Quand une telle situation se répète plusieurs fois, on ne peut plus parler de malchance", souligne le défenseur Leonardo Bonucci.

Luigi Delneri aura du mal à poursuivre sa mission, lui qui devait être le guide de la révolution. Walter Mazzarri (Naples), Antonio Conte (Sienne) ou Andre Vilas-Boas (Porto) pourrait le remplacer.

Il faut tout reconstruire, et les décideurs ont annoncé de nouveaux investissements. Mais les comptes sont dans le rouge.

La Juve a annoncé un déficit de plus de 40 millions d'euros au 31 mars, qui devrait atteindre 60 M EUR à la fin de la saison. Et l'année prochaine, sans la lucrative C1, sera encore négative, malgré les 10 à 15 M EUR supplémentaires espérés du nouveau stade privé, prêt en août.

John Elkann, l'héritier Agnelli, patron de la Fiat et d'Exor, la holding familiale qui détient la Juve, a annoncé une augmentation de capital de 100 à 120 M EUR, la seconde après celle de 2007. Une partie servira pour la résorption des déficits, car la Juve, cotée en bourse, ne peut se permettre d'accrobaties comptables.

Combien restera-t-il pour le mercato? Et quels grands joueurs accepteront de rejoindre un club en phase descendante et pas même européen?

Andrea Agnelli, le cousin d'Elkann et président de la Juve, s'est mis en chasse. Il cherche un grand avant-centre, Karim Benzema (Real Madrid) ou +Kun+ Aguëro (Atletico Madrid) et un créateur, comme Javier Pastore (Palerme), mais ces joueurs sont très chers.

De plus, Amauri et Sebastian Giovinco, prêtés à Parme, ne rapporteront pas beaucoup d'argent, et la Juve a un effectif pléthorique de joueurs en-dessous du niveau mondial. Felipe Melo, Momo Sissoko ou Armand Traoré, par exemple, pourraient partir, sans remplir les caisses. +Gigi+ Buffon rapporterait plus, mais le gardien veut rester.

La révolution peut-elle se passer d'un tel symbole?


© La Dernière Heure 2011