Les deux Diables ont remporté la Cup et la Coupe de France, une première

BRUXELLES Le samedi 14 mai restera une date à marquer d’une pierre blanche dans l’histoire du football belge qui a vu deux de ses représentants s’illustrer.

Vincent Kompany s’est offert la FA Cup , Eden Hazard la Coupe de France.

Du scénario de la finale à la suite des évènements en passant par l’analyse de la performance des deux Diables et leurs réactions respectives, retour sur cette folle journée.

1Yaya et le Touré joué . À l’instar de son compatriote Drogba (décisif en 2007, 2009 et 2010), le géant ivoirien de City aura largement contribué au succès des siens. Déjà auteur du seul but en demi-finale, le n°42 a encore été gagnant, catapultant au fond un ballon que Sorensen avait brillamment écarté à plus d’une reprise avant la pause. À vrai dire, Stoke n’eut que rarement voix au chapitre dans une finale où les Potters apparurent à court de jus. Et quand les jambes ne suivent pas, impossible de rivaliser avec des Citizens pas vraiment géniaux mais assez talentueux pour avoir le dernier mot. Obraniak, et la lumière fut Dans une finale cadenassée et très intense, la lumière est venue d’un maître coup-franc de Ludovic Obraniak. Venu suppléer Moussa Sow à la 79e, le gaucher a trompé un Coupet qui s’est troué avant de sortir dans la foulée le penalty de Debuchy qu’il avait lui-même concédé (90e). Le portier parisien a perdu son duel à distance avec Mickaël Landreau. Impérial face à Nene (18, 57), Hoarau (56) et Chantôme (77), le Lillois a été l’homme clef de cette finale.

2Kompany taille patron . Vincent Kompany est revenu à Wembley, animé des mêmes bonnes intentions que face à United à la grosse différence que le danger ici n’avait qu’un seul nom : Jones. En faisant rempart de son corps à la 21e pour empêcher le remuant Kenwyne de faire mouche, notre Diable a impressionné nos confrères anglais qui mentionnaient quasiment tous cette intervention marquée du sceau de la promptitude. Pour le reste, Vince fit ses choux gras des longues rentrées en touche de Delap. À mentionner aussi un tir cadré à la 30e que Sorensen para du bout des gants. Hazard bien entouré Il faut croire que le DVD de la victoire lilloise à Saint-Étienne a tourné en boucle côté PSG. Les Parisiens se sont évertués à priver Eden Hazard de munitions. Après avoir beaucoup permuté avec Gervinho, le Diable a été recentré à l’heure de jeu lorsque le Losc a joué avec deux pointes. Un coaching payant qui lui a permis de plus peser sur la fin de match en lançant notamment Gervinho stoppé illicitement dans la surface par Coupet.

3 Et ce n’est qu’un début Bien qu’encombrante, la Cup n’a pas quitté Kompany lors de l’interview multilingue qu’il dispensa à l’issue du match. “Cette victoire, c’est l’aboutissement d’une saison à marquer dans les annales du club mais elle constitue aussi le point de départ de nouvelles aventures. J’ai éprouvé une sensation indicible en allant chercher une médaille que mon voisin de vestiaire, Patrick Vieira, a désormais en cinq exemplaires. Faire aussi bien que lui dans ce domaine apparaît difficile mais je veux maintenant contribuer à l’obtention d’autres trophées. Nous avons d’autres ambitions que de remporter la Cup…” La joie du combattant Au micro de France 2, Hazard est apparu le visage marqué par le rude combat qu’il a disputé jusqu’à son remplacement par Dumont (90e+2). “C’était un match très compliqué, il n’y avait pas beaucoup d’espace. On s’est battu comme des chiens. On n’a rien lâché”.

4 City voit double… Après 35 ans de disette en matière de distinctions, Manchester City est doublement comblé à l’issue de cet exercice. Outre la Cup , les appointés du Cheik Mansour ont décroché un ticket pour la future Ligue des Champions, un visa qu’ils sont de taille à renouveler dans un futur proche. À la condition de garder l’ossature en place, à l’exception sans doute de Tevez qui ne désire plus respirer l’air des Eastlands. … Lille espère en faire autant Alors que ses équipiers étaient en plein tour d’honneur, Hazard ne s’en est pas caché : ce premier trophée en 56 ans peut servir de marchepied vers un doublé qui serait inédit dans l’histoire du club. “Ce succès nous permet d’emmagasiner beaucoup d’énergie positive, et ça devrait nous servir pour le championnat.” La suite justement s’annonce relevée avec la réception de Sochaux, l’équipe en forme de L1 dès mercredi avant de retrouver le Paris Saint- Germain samedi au Parc des Princes pour ce qui pourrait être une fois encore un match synonyme de sacre.



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