Malgré quatre saisons, Alessandro Cordaro n'est pas indiscutable à Mons

MONS Alessandro Cordaro vit aujourd'hui sa quatrième saison pleine au sein de l'élite et malgré tout, il ne parvient pas à se défaire de son étiquette d'espoir. Il n'a, il est vrai, que 22 ans, mais avec 91 rencontres de D1 au compteur (sans compter son année en D2), il arrive doucement à un stade où le doute n'est plus de mise.

Pourtant, un constat s'impose : le Manageois stagne et n'a jamais paru aussi déprimé qu'aujourd'hui. Pire, il n'a pas encore débuté la moindre rencontre depuis que Christophe Dessy a repris les rênes de l'équipe montoise.

"Le problème de Sandro, c'est son efficacité" (NdlR : 3 buts et 7 passes décisives en 91 matches), explique le coach montois. "Il a une mentalité exceptionnelle et si courir est une chose, se montrer rentable en est une autre. Je crois en lui mais, provisoirement, il n'est pas indiscutable. Il doit encore travailler pendant deux ans pour espérer devenir un joueur productif."

Nenad Petrovic est probablement la personne qui connaît le mieux Alessandro Cordaro. Agent du joueur mais surtout fidèle ami, ce dernier a lui aussi son idée sur les maux qui empêchent son poulain de donner sa pleine mesure.

"Pour Sandro, c'est clairement l'année de trop", estime-t-il. "Et s'il n'explose pas, c'est parce qu'on ne lui a jamais assigné un poste fixe. Conséquence : il est bon partout et très bon nulle part !"

Peut-on donner tort au manager, qui plus est en sachant que Cordaro n'a que rarement été aligné à sa place de prédilection de soutien d'attaque ? Mais les statistiques du joueur accréditent la thèse de Christophe Dessy.

"Des tas d'observateurs l'ont visionné et lui trouvent d'énormes qualités : vitesse, vista, verticalité et sens de l'anticipation", poursuit Nenad. "Je suis convaincu que Philippe Saint-Jean aurait pu lui apprendre énormément, mais son passage a été trop bref. À l'Albert, on travaille en permanence dans l'urgence. Et aujourd'hui, Dessy ne compte manifestement pas sur lui. Comment peut-on éclater dans ce contexte ?"

Deux autres paramètres font bondir notre interlocuteur. "Non seulement Sandro est victime de sa très bonne éducation et de son statut de jeune du club, mais il a aussi été freiné à des moments charnière en raison de légères blessures. Il va rebondir, mais cela passe par un départ de Mons..."



© La Dernière Heure 2009