Le propriétaire de l' Olympic fait plutôt dans la discrétion...

CHARLEROI Il doit y avoir en bord de Sambre un microclimat propice à l'arrivée d'investisseurs étrangers... Si tout le monde connaît le parcours d'Abbas Bayat, le roi du jus de fruits, issu de la caste du dernier Shah d'Iran et bardé de diplômes américains, Aziz Alibhaï n'a pas suivi pareil parcours. Né en Tanzanie il y a cinquante ans dans une famille d'hommes d'affaires indiens, c'est en Côte d'Ivoire que l'homme a prospéré sans avoir fait de hautes études. Des cours par correspondance lui ont suffi pour se lancer rapidement dans le business. Sa fortune, il l'a bâtie dans le matériel de travaux et de transport, les engins lourds et les travaux publics. Il est uniquement actif en Afrique, principalement en Côte d'Ivoire et au Libéria. Lors de la reprise de l'Olympic, c'est en douceur que celui qui est devenu français via son épouse ("Nous avons surmonté la différence de cultures. C'est une femme admirable. Savez-vous qu'elle a de la famille à Fleurus, à côté de Charleroi ?" ) a convaincu des détracteurs qui se félicitent aujourd'hui de travailler avec lui : "Je ne suis pas venu établir une dictature. C'est en recherchant l'osmose de toutes les composantes de notre club sur le terrain comme en dehors qu'on peut réussir."

Aussi discret et effacé qu'Abbas Bayat est présent et survolté lors des matches, Aziz Alibhaï ne connaît pas son collègue zébré : "Quand je suis arrivé, je n'étais même pas au courant qu'un homme d'affaires étranger comme moi dirigeait le premier club de la ville. Depuis, je l'ai croisé une fois, mais sans plus... Il n'y a pas de raisons pour lesquelles on devrait se rencontrer, en fait. Pour ce qui est de ma personnalité, vous ne me verrez jamais envahir un terrain. Je ne sais pas faire ça... Le danger de la réussite est de perdre son humilité. Je prie pour que cela ne m'arrive pas."



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