L'Olympique lyonnais, seul club français coté en Bourse, tente de faire face à la crise qui a fait dévisser son action et pèse sur le taux de remplissage du stade de Gerland


LYON Mauvais timing, d'autant que l'OL s'est lancé récemment dans la construction d'un nouveau stade 50% plus grand. L'action d'OL groupe, entraînée dans la tourmente boursière, a perdu plus d'un tiers de sa valeur en cinq mois, pour ouvrir à 13,50 euros jeudi, contre 24 euros lors de son entrée en Bourse en février 2007.

Cette baisse ne touche pas directement le fonctionnement du club, qui a réalisé pour son exercice 2007-2008 un bénéfice net de 20,1 millions d'euros, en progression de 8% sur un an, et gardé la capacité d'investissement nécessaire pour acheter des joueurs et se développer, estiment plusieurs analystes.

Mais elle fait peser des incertitudes sur le projet d'OL Land : ce complexe de bureaux, magasins et hôtels autour d'un grand stade a déjà connu des déboires et ne devrait en principe être terminé qu'en "mai 2013", soit trois ans plus tard que prévu, a indiqué le président de l'OL Jean-Michel Aulas.

"Avec la crise, il faut savoir se remettre en cause: tout est menacé dans le financement", a reconnu M. Aulas. Toutefois, l'OL estime pouvoir apporter les deux tiers des 250 millions d'euros environ que devrait coûter le grand stade: un tiers proviendrait de l'augmentation de capital en Bourse, et un tiers du naming (vente du nom du stade à une marque).

Mais il lui faudra encore emprunter près de cent millions d'euros et s'assurer que les pouvoirs publics tiendront leurs engagements à investir environ 180 millions d'euros dans des infrastructures, de transport notamment, indispensables au nouveau stade.

Parallèlement à la crise financière, l'OL subit aussi la crise économique, et peine à remplir son stade actuel de Gerland. Depuis le début de saison, aucun match n'a rempli le stade, pas même le premier match de Ligue des Champions, opposant l'OL à la Fiorentina le 17 septembre.

Pour ce match, l'OL, constatant l'avant-veille que seules 33.000 places avaient été vendues sur les 40.000 que compte le stade, avait proposé des promotions et lancé des invitations auprès des écoles de football de la région, réunissant au final 37.500 spectateurs.

Si le nombre d'abonnés et l'affluence à Gerland sont stables, selon la billetterie de l'OL, le club reste "un peu inquiet". Pour répondre aux difficultés de certaines catégories de supporteurs qui ne pouvaient plus aller au stade, l'OL a mis en place l'an dernier une "Tribune famille" pour certains matches, à 7 euros par enfant et 10 euros par adulte.

Se pose alors la question de l'utilité de construire un stade encore plus grand.
"L'idée même d'un stade de 62.000 places est déconnecté du contexte quand on imagine la baisse du pouvoir d'achat qui attend les citoyens lyonnais," s'insurgent notamment les élus Verts au Grand Lyon.

© La Dernière Heure 2008