L’arrivée de joueurs comme Witsel, hautement rémunérés, fait partie d’un projet à long terme dont l’objectif final est énorme : gagner la Coupe du Monde.

18 millions d’euros par an, 1,5 million par mois, 350.000 € par semaine, 53.500 € par jour, 2.232 € par heure et… 37 € par minute. Les chiffres du transfert d’Axel Witsel en Chine ont de quoi donner le tournis, tant ils sont démentiels.

Mais, semaine après semaine, on se rend compte qu’ils font partie de la norme en Chine, où les joueurs stars sont payés à coup de millions, sans demi-mesure. Ces derniers jours, le titre honorifique (mais très rémunérateur) de joueur le mieux payé de la planète est passé entre les mains d’Oscar, qui touchera un salaire de 26 millions d’euros par an à Shanghai SIPG, puis de Carlos Tevez, dont le salaire au Shanghai Shenhua est de 40 millions par an. Des chiffres aberrants, surtout lorsqu’ils sont mis en relation avec ceux des stars de la planète football.

À titre de comparaison, Axel Witsel va devenir, avec ses 18 millions annuels, le 8e joueur le mieux payé de planète, devant des joueurs comme Luis Suarez, Zlatan Ibrahimovic, Agüero ou Iniesta, et le joueur belge le mieux payé de l’histoire, devant Eden Hazard, une des stars de la Premier League, et tous les autres.

La capacité du football chinois à attirer des stars à coups de millions pose évidemment une question, qui est sur toutes les lèvres depuis plusieurs mois : d’où vient cet argent dépensé par la Chine ? Il provient d’investisseurs privés (très) fortunés, majoritairement, qui ont choisi d’investir dans le football, mais pas uniquement à l’échelle locale, puisque ces derniers mois, des clubs comme l’Inter Milan, l’AC Milan, Aston Villa ou l’Espanyol Barcelone sont passés sous pavillons chinois.

Les clubs de la Chinese Super League ont également d’autres sources de revenus, à commencer par les droits TV, qui ont explosé en 2016 puisque les droits du championnat ont été multipliés par 20 en 2016 (de 8,2 millions à 183 millions d’euros) et ils devraient encore augmenter de manière exponentielle dans un futur proche, suite à l’arrivée massive de joueurs étrangers de premier plan.

Une stratégie qui fait partie d’un plan, à long terme, édicté en 2011 et dont les trois phases avaient été annoncées par Xi Jinping : "Premièrement, se qualifier pour la Coupe du Monde (après 2022). Deuxièmement, accueillir une Coupe du Monde (2026 ou 2030). Troisièmement, gagner la Coupe du Monde."

Pour y parvenir, la Chine se donne les moyens de ses ambitions. Les joueurs étrangers, bien que limités à quatre par équipe en 2017, sont censés faire augmenter le niveau du championnat et donc de leurs équipiers chinois. La présence de stars va aussi faire naître des vocations chez les jeunes, qui pourront s’inscrire dans les milliers d’écoles de football qui ouvrent leur porte dans le pays.

Les intentions sont là. Le projet semble bien en place. Et désormais, un petit Belge en fait partie intégrante…

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