Dix jours après la Colombie, c'est au tour de l'Argentine de faire défaut à la Conmebol, la Confédération sud-américaine de football, pour organiser la Copa America qui devait initialement avoir lieu en 2020 avant d'être reporté d'un an, comme les autres événements sportifs majeur (Euro, Jeux olympiques), en raison du Covid.

"La Conmebol informe qu'au vu des circonstances actuelles, elle a décidé de suspendre l'organisation de la Copa America en Argentine", a-t-elle annoncé dans un bref communiqué.

La Conmebol a perdu en un peu plus d'une semaine les deux nations qui devaient co-organiser son rendez-vous phare: la Colombie, d'abord, en raison des troubles sociaux qui ont fait des dizaines de morts dans le pays et maintenant l'Argentine, en proie à une forte progression des contaminations au coronavirus.

L'Argentine, pourtant folle de ballon rond et passionnée par les exploits de son équipe nationale emmenée par la superstar Lionel Messi, avait commencé depuis quelques jours à préparer le terrain en vue de son retrait.

Opposition de la population

La ministre de la Santé, Carla Vizzotti, avait prévenu des difficultés d'une telle organisation alors que le pays de 45 millions d'habitants traverse la période la plus critique de la pandémie avec plus de 41.000 personnes infectées pour la seule journée de jeudi.

Depuis le début de la pandémie, l'Argentine a recensé 3,7 millions de cas positifs et 77.000 décès.

Dans ce contexte, la Copa America est devenue pour beaucoup d'Argentins un risque majeur avec la venue de dix sélections sud-américaines formées de joueurs évoluant dans le monde entier.

Selon un sondage publié vendredi, 70% des Argentins étaient opposés à ce que leur pays organise le tournoi, même si les autorités avaient prévu de mettre en place un protocole sanitaire strict, en limitant notamment la taille des délégations.

Il faut maintenant à la Conmebol trouver un pays désireux d'accueillir en dernière minute le tournoi dans un contexte sanitaire compliqué et ayant les capacités à le faire.

Dans son communiqué, la confédération sud-américaine assure avoir des solutions de rechange, sans donner plus de précisions.

Elle a simplement précisé qu'elle analysait "l'offre d'autres pays qui ont manifesté leur intérêt pour accueillir le tournoi continental".

Parmi les options possibles, le Chili, comme récemment mentionné par un responsable de la Conmebol, l'Argentin Gonzalo Belloso, le Venezuela ou encore l'Equateur.

La piste américaine ?

Mais en fin de semaine dernière, la presse spécialisée s'était fait l'écho d'une piste... américaine. Les Etats-Unis, où la crise sanitaire est sous contrôle en raison du fort taux de vaccination, ont déjà accueilli la Copa America, en 2016, et ont les capacités en terme de stades d'accueillir l'événement.

Ils organisent du reste cet été déjà la Gold Cup, la compétition-phare de la Concacaf (Amérique du nord, Amérique centrale et Caraïbes).

A moins que la Copa 2021 ne soit purement et simplement annulée. Certains joueurs, et non des moindres, commencent à faire part de leur opposition à la tenue du tournoi.

"Je suis frappé par le fait que la Copa America se joue malgré la situation actuelle", a ainsi déclaré Luis Suárez, tout juste sacré champion d'Espagne avec l'Atletico Madrid, de retour en Uruguay pour disputer les 3 et 8 juin deux matches de qualification pour la Coupe du monde 2022 au Qatar.

Son compatriote Edinson Cavani est encore plus remonté: "c'est une terrible irresponsabilité que tout soit fait pour disputer ces matches de qualification et la Copa America. Rien dans la situation sociale n'a d'importance ici, pas même les risques liées au virus", a-t-il asséné.