Trois autres clubs, puis cinq autres sont appelés à les rejoindre à l'avenir. Parmi les grands noms actuels qui manquent figurent les clubs allemands du Bayern Munich et du Borussia Dormund. Ils ne sont pas disposés à se joindre aux dissidents.

Karl-Heinz Rummenigge, le président du Bayern Munich n'a pas mâché ses mots pour expliquer ce qu'il pensait de cette nouvelle compétition. " Le FC Bayern n'a pas participé à la planification d'une Super League. Nous sommes convaincus que la statique actuelle du football garantit une base sérieuse. Le FC Bayern salue les réformes de la Ligue des Champions, car nous pensons qu'elles sont la bonne étape pour le développement du football européen. Le tour préliminaire modifié contribuera à plus de tension et d'émotion dans la compétition", a-t-il déclaré, avant de poursuivre.

"Je ne pense pas que la Super League résoudra les problèmes financiers des clubs européens causés par le coronavirus. Au contraire, tous les clubs européens devraient travailler de manière solidaire pour faire en sorte que la structure des coûts, en particulier les salaires des joueurs et les honoraires des consultants, soit ajustée aux revenus afin de rendre le football européen plus rationnel."

Selon le président du conseil d'administration de Dortmund, Hans-Joachim Watzke, les deux clubs allemands ne sont pas ouverts à l'idée de rejoindre la Super League. "Les membres du conseil d'administration de l'ECA (Association européenne des clubs) ont confirmé lors d'une réunion virtuelle dimanche soir que la décision de la semaine dernière est toujours en vigueur. Cela signifie que les clubs sont derrière la réforme prévue de la Ligue des champions", a déclaré Watzke qui, comme le directeur du Bayern Munich, Michael Gerlinger, siège au conseil d'administration de l'organisation faîtière des clubs de football européens. "Les deux clubs allemands représentés au conseil d'administration de l'ECA ont la même position dans toutes les discussions."

La DFB, la fédération allemande, est sans surprise solidaire de l'UEFA dans son opposition à la Super League.

"La Fédération allemande de football (DFB) se positionne clairement contre le concept d'une Super League européenne. Dans le football, la performance sportive est au coeur de tout. C'est elle qui détermine la promotion et la relégation ainsi que la qualification pour les compétitions respectives. Les intérêts économiques de quelques clubs ne doivent pas prévaloir sur la solidarité pratiquée dans le football. Chaque club devra décider s'il veut continuer à faire partie du football solidaire dans son ensemble ou s'il veut poursuivre uniquement ses propres intérêts égoïstes, en dehors de l'UEFA et des fédérations nationales de football. La DFB soutient donc clairement la ferme déclaration conjointe de l'UEFA avec les ligues et associations nationales d'Angleterre, d'Italie et d'Espagne".

"La Super League n'enrichit que les clubs super riches", selon la Liga espagnole

"Une proposition égoïste visant uniquement à rendre les clubs de football les plus riches d'Europe encore plus riches", voilà comment La Liga, la ligue professionnelle espagnole de football, décrit cette nouvelle compétition. Les clubs espagnols du FC Barcelone, Real Madrid et Atlético Madrid figurent parmi les douze initiateurs du projet. "La Liga condamne la proposition récemment publiée d'une ligue européenne élitiste, qui attaque les principes d'un système 'ouvert' et de la performance sportive. Ces principes sont au cœur de la pyramide du football national et européen", écrit l'organisme.

Avant la réunion au cours de laquelle le conseil d'administration de l'UEFA doit se prononcer sur les propositions de réforme de la Ligue des Champions, douze clubs d'Espagne, d'Italie et d'Angleterre ont révélé dans la nuit de dimanche à lundi qu'ils allaient créer leur propre Super League. "Ce n'est rien de plus qu'une proposition égoïste, conçue uniquement pour rendre les super-riches encore plus riches", a déclaré La Liga. "Cela va saper l'attrait du football et avoir un impact très dommageable sur le présent et l'avenir de La Liga, de ses clubs membres et de l'ensemble du système."

"Le football n'appartient pas uniquement à l'élite" selon la fédération italienne

La fédération italienne de football (FIGC) a déclaré être opposée à la création de la Super League, a confirmé son président Gabriele Gravina lundi à Montreux à l'occasion d'une réunion de l'UEFA dans la ville suisse. Trois clubs italiens sont pourtant impliqués dans la création de cette future compétition dissidente. En effet, la Juventus, l'AC Milan et l'Inter Milan figurent parmi les douze membres fondateurs. "Le football n'appartient pas uniquement à l'élite, il appartient aux fans", a déclaré M. Gravina. "Je le répète donc encore une fois : nous nous opposons à la Super League."

Le FC Porto pas intéressé par le projet

Dans la foulée des deux grands clubs allemands, le FC Porto a également fait savoir qu'il n'était pas intéressé par la Super League. Le club champion du Portugal à 29 reprises a été approché par les initiateurs, mais le président Jorge Nuno Pinto da Costa a rapidement refusé. "Il y a eu des contacts informels avec certains clubs, mais nous n'y avons pas prêté attention", a expliqué le président. "L'Union européenne n'autorise pas une compétition fermée, comme la NBA aux Etats-Unis. Et la fédération portugaise de football, qui fait partie de l'UEFA, s'y oppose également. Nous ne pouvons pas participer à quelque chose qui est contraire aux principes et aux règles de l'Union européenne et de l'UEFA. Si la Super League voit le jour, ce dont je doute sérieusement, l'UEFA ne cessera pas d'exister. Et l'UEFA organise les compétitions officielles. Nous espérons d'être encore actifs de nombreuses années en Ligue des Champions. Nous regardons les clubs qui restent de notre côté comme le Bayern Munich, l'Ajax Amsterdam et le Paris Saint-Germain."