BRUXELLES Si l'on devait en arriver à une telle extrémité, ce serait une première dans le monde du football européen, pour cette raison, mais la Fifa n'a pas spécialement l'habitude de faire dans les sentiments lorsqu'elle doit prendre une décision d'exclusion. La preuve par la Grèce qui, pendant sept jours en juillet 2006, a été suspendue par la Fifa au motif que sa situation ne se conformait pas aux principes figurant dans les statuts de la Fifa à propos de l'indépendance des fédérations de football et de leurs processus décisionnels. Mais aucun match international d'un club grec ou de la sélection nationale ne s'était déroulé durant cette période. Un cas similaire à celui qui pourrait se présenter à la Belgique n'est jamais survenu en Europe. "Je n'en ai, en tout cas, pas souvenir", confirme William Gaillard, le porte-parole de l'Uefa. "En revanche, ce fut déjà le cas pour certaines nations africaines." Mais pour d'autres raisons, souvent l'ingérence gouvernementale. Fin 2006, par exemple, la Fifa avait exclu la Fédération de football du Kenya pour ingérences gouvernementales répétées dans les affaires du football local, pour non-respect de l'accord du Caire signé avec la Fifa, et pour non-respect de principes sportifs fondamentaux tels que l'intégrité des compétitions ou le principe de promotion-relégation. La Pologne s'était retrouvée avec la même menace au-dessus de la tête en janvier 2007 mais cette affaire ne connut aucune suite. Autre exemple avec l'Iran. Du 23 novembre au 19 décembre 2006, la Fifa l'avait suspendu, comme ses clubs, des compétitions internationales, toujours pour la même raison. Et, en 2005, la Fifa a exclu le Gabon des Jeux de la francophonie. "Parce que vous passez votre temps à palabrer au lieu de jouer au football", avait précisé Joseph Blatter à l'époque.

Donc, la Fifa n'a encore jamais obligé l'Uefa à suspendre une de ses fédérations. "Mais elle pourrait prendre cette décision. Elle sommera néanmoins d'abord la fédération belge de trouver une solution. Ce genre de décision est coordonné et l'Uefa ne s'y opposerait donc pas, puisqu'elle est subordonnée à la Fifa. La sanction s'appliquerait, le cas échéant, à la saison en cours", précise William Gaillard.

Lorsque l'Uefa a suspendu les clubs anglais de Coupes d'Europe (drame du Heysel), ou l'ex-Yougoslavie de l'Euro 1992, ou encore Feyenoord ou le Partizan Belgrade (incidents avec les supporters), la décision se basait sur ses propres règlements même si les services juridiques s'arrangent pour qu'ils ne soient pas contraires aux lois de la Fifa. "Théoriquement, un aval supérieur n'est pas requis même s'il y a souvent consultation."



© La Dernière Heure 2007