Le médian défensif de 35 ans a tenu sa promesse de redevenir international!

ANDERLECHT Il l'a dit, il l'a fait. Yves Vanderhaeghe est de retour chez les Diables Rouges. «C'est fantastique! Je l'ai appris à la radio. Deux minutes après, un ami m'a téléphoné pour me féliciter. J'avais à peine raccroché que mon téléphone sonnait à nouveau: cette fois, pour obtenir la confirmation par voie officielle.»

Depuis son retour en grâce en équipe première à Anderlecht, on sentait que le médian défensif pouvait atteindre son objectif de redevenir international. Un retour auquel plus personne ne croyait vraiment il y a quelques mois à peine. «Sauf moi, rectifie le Roularien. J'y ai toujours cru. Je suis un joueur ambitieux. Je savais qu'avant de réaliser ce rêve, je devais accumuler les bonnes prestations avec le Sporting. J'ai peut-être 35 ans (NdlR: il vient de les fêter le 30 janvier) mais je n'ai jamais pensé à arrêter les Diables. Cela a toujours été un grand honneur de jouer pour mon pays et cela restera toujours une immense fierté.»

Yves Vanderhaeghe peut également être fier de lui. «Ce retour, je ne le dois à personne d'autre qu'à moi, explique très justement ce monstre de caractère. Tout le monde connaît mon parcours. Une accumulation de blessures et de rechutes. Quand tu es blessé, tu te retrouves seul. Peu de gens s'intéressent encore à toi. La forme de l'équipe et celle de Besnik Hasi en particulier n'ont pas facilité mon retour au Sporting la saison passée. Aujourd'hui, après deux ans de galère, je peux parler de revanche.»

Le vétéran du Sporting la savoure depuis quelques semaines mais il n'aura pas ménagé sa peine pour se l'octroyer. «Je ne voulais pas arrêter l'équipe nationale à cause d'une blessure. J'ai travaillé comme un forcené pour revenir dans le coup. Outre la revalidation et les séances individuelles, j'ai fait des heures supplémentaires. J'ai repris les entraînements collectifs et même si je savais que je n'allais pas jouer, je me donnais comme si j'allais débuter le samedi. Pour finir, j'ai repris en équipe réserve et j'ai rongé mon frein sur le banc.»

Dès qu'il a reçu sa chance, il l'a saisie à pleines mains: il a abattu un travail considérable sur le terrain et, plus par rapport à son infortuné concurrent albanais, il s'est mué en buteur en marquant des goals importants. «J'ai convaincu Aimé Anthuenis, qui n'a pas oublié ce que j'ai fait par le passé. Moi, je n'oublie pas Anderlecht. C'est là que se situe ma priorité. Et je ne veux pas gâcher mon cadeau d'anniversaire: il faut gagner contre La Gantoise. Ce sera pareil avec les Diables Rouges: match amical ou entraînement, je veux toujours gagner. Je vais essayer de montrer l'exemple. Point de vue mentalité notamment. On verra si le coach fédéral me reprendra encore lors des matches éliminatoires. Après le 1 sur 9, il faut réaliser le six sur six pour revenir dans la course pour le Mondial. Mais si on rate cet objectif, même avec deux prestations exceptionnelles de Vanderhaeghe, on pensera peut-être à rebâtir pour l'avenir. Et, même si je reste motivé à 100%, je devrai moi aussi prendre des décisions.»

Mais on n'en est pas là: aujourd'hui, Yves Vanderhaeghe pense à l'Egypte. Un match qu'il n'est pas sûr de débuter puisque Aimé Anthuenis a dit qu'il testerait Vincent Kompany dans l'entrejeu. «Vincent a la classe mondiale comme défenseur central mais je pense qu'il manque encore un peu de volume pour occuper le poste de médian défensif...»

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