Bruges - GBA 3-0. Dosunmu, désolé, ne put que plaider coupable après ses ratés

BRUGES "Même quand j'entraînais le Cercle, mon équipe n'a jamais autant dominé sur cette pelouse que le Germinal Beerschot l'a fait ce soir... malheureusement pendant une mi-temps seulement."

Harm van Veldhoven cherchait à évacuer une légitime frustration après la leçon de réalisme que venait de lui infliger un Club Bruges redevenu lui-même après le repos.

L'entraîneur d'une bien belle équipe du Kiel avait des raisons de se morfondre. Tout au long de la première période, le GB avait illuminé la rencontre par la qualité de son football offensif léché à une touche de balle. Sous l'impulsion d'un Losada qui allait être victime d'un dépit mal réprimé, la formation anversoise avait exploité à merveille sa supériorité numérique dans l'entrejeu. Le score blanc, au repos, tenait du miracle. Il était dû, pour partie, à la résistance opposée à l'équipe anversoise par la défense brugeoise en général et par son meilleur joueur actuel, son gardien Stijnen, en particulier.

Mais il était imputable, surtout, à trois grosses maladresses de Dosunmu, trois fois esseulé en zone de conclusion.

Le Nigérian le reconnaissait très honnêtement : "Je me sens coupable. Je me suis d'ailleurs excusé auprès de mes équipiers. Les trois fois, je n'ai pas manqué de confiance : j'ai effectué les mauvais choix. La première fois, j'ai voulu trop bien faire, la deuxième j'ai pris la mauvaise décision et la troisième j'ai mal dirigé mon envoi."

Le match, alors, enregistra sa métamorphose. Pendant le repos, Jacky Mathijssen avait mué son 4-3-3 initial en un 4-4-2 beaucoup plus efficace. Cette option était la bonne. Sous l'impulsion de Leko, redevenu son maître à jouer, et avec le soutien d'un Geraerts efficace, le Club retrouva d'emblée sa puissance, son autorité et son réalisme. Le GB perdit pied dès que Geraerts, servi par un maître coup franc de Leko, ouvrit le score d'un coup de tête.

Il encaissa deux nouveaux buts en l'espace de cinq minutes. Par Leko d'abord, servi par Priske. Le Croate arma en foulée un envoi précis et placé qui ne laissa aucune chance à Steppe.

"Je suis heureux d'avoir enfin inscrit un goal de plein jeu !", s'exaltait le médian du Club. Par Simaeys ensuite, qui ponctua de la tête, dans le coeur d'une défense anversoise figée, un coup franc de Leko décroisé par la tête de Geraerts.

Le Club eut le bon goût de ne jamais desserrer son joug. Il se fit, ainsi, plaisir.

Il venait, enfin, de remporter une large victoire. Celle-ci mettait fin à la série de neuf succès de rang du GB.



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