Cette nouvelle génération de la Squadra Azzura restait bien sur une impressionnante série de 27 matchs sans connaître la défaite, avant d’entamer son Euro 2020. Mais comment allait-elle gérer la pression dans un grand tournoi, devant plus de 15 000 personnes, à domicile ? C’était tout l’enjeu de ce match d’ouverture.

Au niveau des intentions, la prestation était positive. La hauteur du bloc en disait en effet long sur l’envie d’aller chercher les trois points. Les Italiens ont directement pris leurs responsabilités en jouant haut et en monopolisant le ballon. Face à la défense très regroupée des Turcs, ils ont misé sur des passes courtes, avec des combinaisons dans les petits espaces. Des latéraux aussi très offensifs. Pas question d’attendre, de spéculer et de contre-attaquer, comme c’était le cas par le passé.

Paradoxalement, c’est d’abord sur une phase arrêtée que les hommes de Roberto Mancini ont apporté le danger sur la cage de Cakir. Le portier a repoussé une tête de Chiellini avec la main opposée (22e).

Des mains, mais pas de penalty

Les mains, l’autre grand acteur de la partie. Les Italiens ont en effet réclamé au moins deux penalties en première période. L’une de Celik, l’autre de Soyuncu. "Pour la première, le défenseur a plutôt la main ballante. Il n’y a pas de mouvement vers le ballon et le joueur n’essaie pas d’agrandir la surface de son corps, estime Laurent Colemonts, ancien arbitre en D1 belge et consultant durant l’Euro. Le VAR n’interviendra jamais pour ce genre de phases."

Coaching payant de Mancini ? À la pause, le technicien a fait monter Di Lorenzo, à la place de Florenzi, pour dynamiter son flanc droit, nettement moins actif que le duo Spinazzola-Insigne, à gauche. Et c’est sur un débordement de Berardi que l’ouverture du score est tombée, suite à une malheureuse déviation de Demiral, le robuste défenseur turc (53e).

Le plus dur était fait. D’autant plus que la Squadra mettait à profit les espaces de plus en plus nombreux laissés par la défense "locale". Après avoir passé plus de 50 minutes à buter contre le bloc adverse, elle a pu jouer dans la profondeur et a rapidement doublé le score, grâce à Immobile (66e), avant de voir Insigne planter le troisième (79e).

En plus d’empocher une victoire précieuse et de lancer parfaitement l’Euro 2020 dans ses propres installations, la bande à Insigne aura séduit. Du football positif et en mouvement, avec des occasions créées, sans pour autant laisser son adversaire se montrer dangereux.

Côté turc, l’heure n’était pas à l’euphorie au coup de sifflet final. Le schéma très attentiste n’aura rien apporté. Quelques ballons envoyés en profondeur pour Yilmaz, beaucoup trop seul que pour espérer faire la différence.

Mancini : "Wembley est encore loin"

Des cris de joie et de l’enthousiasme, les Italiens ont explosé au moment du coup de sifflet final de l’homme en noir. "Le public nous a bien aidés, il a poussé l’équipe", a commenté Roberto Mancini, le sélectionneur, au micro de la RAI.

Même s’il ne voulait pas s’enflammer, le technicien était très satisfait. "Nous avons réalisé une bonne rencontre, même en première période, sans pouvoir marquer. Ce n’était pas facile, vu qu’il s’agissait du match d’ouverture." Il a fallu déstabiliser le bloc turc, ce qui n’était pas chose aisée. "La clef, c’était de faire circuler le ballon de manière très rapide pour atteindre l’homme libre."

"C’était important de bien commencer, ici à Rome. C’est une satisfaction pour nous tous. Pour le public, pour l’équipe et tous les Italiens." Le statut de la Squadra change aussi, avec cet excellent début. "C’est une belle soirée, j’espère qu’il y en aura encore plein d’autres comme ça, a ajouté Roberto Mancini à la RAI. S’il s’agit d’un premier pas vers Wembley ? Wembley est encore loin, il nous reste six matchs…"

L’émotion de Bonnuci

Leonardo Bonnuci confirmait, au micro de la SKY. "C’était la première étape de cette aventure, soyons humbles et gardons les pieds sur terre. Le chemin est encore long." Il n’empêche que le défenseur était ému par cette ambiance dans le stade olympique de Rome. "Avec les supporters, c’est carrément un autre sport. Il y avait forcément de l’émotion. Cette émotion qui te donne de la tension mais aussi des frissons. Maintenant, il faut effacer tout ça et se concentrer sur notre deuxième match, contre la Suisse."