Les fronts zébrés à la fête ce 1er mai

BRUGES L'assistance du Cercle était une fois de plus confidentielle. Les dirigeants locaux avaient refusé l'offre des responsables carolorégiens qui leur proposaient d'acheter un fort contingent de places à 5€. Soit! Si Harm Van Veldhoven déplorait la blessure aux adducteurs de Dekelver, Jacky Mathijssen devait se passer des services de Kere (ischios). Tout profit pour Reina qui se voyait proposer une place de titulaire au poste d'arrière gauche, Kargbo glissant dans l'axe. On notait aussi la sympathique présence de Lokembo sur le banc, de retour après une longue indisponibilité suite à son arythmie.

Avec le souvenir de la rencontre d'il y a un an lors de laquelle l'arbitre s'était signalé par quelques décisions loufoques en leur défaveur (notamment sur la fameuse passe en retrait de la cuisse de Sama à Laquait), les Zèbres entendaient déjouer le piège flandrien pour se hisser à la hauteur d'un Genk sous pression. Ils ne tardèrent guère à montrer les dents avec, dès la 9e, une reprise de la tête victorieuse de Chabaud sur un corner de Kraouche. Cette phase avait comme un air de déjà-vu cette saison... L'illustration de la parfaite équité entre le réalisme offensif et la solidité défensive intervint peu avant le quart d'heure quand, tel un félin, Laquait sortit le coup franc magistral de Meyssen qui filait dans la lucarne. Le n°10 local remettait le couvert dix minutes plus tard mais trouvait les nuages.

Alors que les Brugeois faisaient preuve d'une louable volonté et d'un certain esprit d'entreprise en première période, les Carolos se créaient quant à eux un grand nombre de phases arrêtées sur lesquelles l'arrière-garde adverse pédalait dans la semoule. A la demi-heure, Kraouche était bien près de doubler la mise sur un centre de Siquet, Begeyn s'interposant. L'opportunisme revêtait à nouveau ses plus belles rayures avec, rapidement, la copie parfaitement conforme du 0-1. Le faux 4-5-1 appliqué pour l'occasion avait donc les couleurs de l'efficacité à tous crins pour un Sporting sûr de son fait et bien campé sur ses certitudes. La décision folklorique du jour tombait à quelques instants du repos lorsque M. Burie punissait Begeyn d'un coup franc pour avoir pris le ballon en main en dehors du rectangle sans pour au- tant lui exhiber quelque carte que ce soit. Sous la pression des visités, l'arbitre alla consulter son juge de ligne avant de se déjuger. La balle entre deux accordée fut très sportivement snobée par Toni Brogno...

A la reprise, le frileux Grondin était remplacé par Slovic sans que cela ne perturbât le moins du mon- de la bande à Mathijssen. Au contraire, le Sporting poursuivit sa marche en avant avec le 0-3 des oeuvres d'Akgül qui reprenait parfaitement du front un centre de Reina. Le Cercle était K.-O. et ne se révoltait que rarement, comme sur ce tir signé Svetlicic dont la trajectoire bizarre faillit surprendre Laquait sur le coup de l'heure de jeu. Le Bosniaque insista bien quinze minutes plus tard mais la phalange brugeoise, sonnée, manquait par trop de punch et d'envie face à une formation sambrienne qui revient à parfaite égalité de Genk avec le Standard bien installé dans le viseur. Comble d'injustice, c'était le courageux Svetlicic qui trompait une dernière fois Be- geyn après une reprise d'Akgül sur la latte consécutivement à un centre de Macquet. Sans en parler, le Sporting attend maintenant avec impatience le déplacement du 15 à Genk. Avant cela, il s'agira de ne pas cochonner les retrouvailles avec Robert Waseige...

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