Un visage en transe et une tête qui dodeline dans tous les sens qui sprintent vers la caméra. Diego Maradona vient d’inscrire un but fantastique contre la Grèce à la Coupe du monde 1994. Neuf jours plus tard, il est convaincu de dopage et exclu du tournoi. Pour beaucoup, cela reste le dernier vrai match du génie argentin. Mais sa retraite sportive n’arrivera que trois ans plus tard, le 25 octobre 1997, avec le maillot de Boca Juniors.

Ce jour-là, c’est le derby de Buenos Aires. Un River Plate-Boca pour la dixième journée de championnat. Comme c’est le cas depuis des mois, Maradona est hors forme. Les kilos en trop s’accumulent déjà, l’une des conséquences des années d’excès. La préparation physique qu’il a suivie pendant l’été avec… Ben Johnson (l’ancien sprinteur, disqualifié des JO de 1988 pour usage d’anabolisants) n’a rien changé.

À quasi 37 ans, Maradona n’est plus que l’ombre de lui-même mais il tient à jouer ce match plus que tout. Personne ne sait alors que ce sera son tout dernier match officiel. Même pas lui.

Titulaire, il ne sort quasiment pas du rond central. Le River de Marcelo Salas mène 1-0 à la pause. Le coach décide de sortir Maradona et lance un autre gamin en or : Juan Roman Riquelme. Boca renverse le match et s’impose sur une tête de Martin Palermo. Diego exulte et provoque les supporters de River. Après la rencontre, il déclare vouloir jouer jusqu’à 40 ans mais il annonce sa retraite cinq jours plus tard, jour de son 37e anniversaire. Le dernier dribble.