Les violences autour du derby sicilien Catane-Palerme entraîne la mort d'un policier. Conséquence: on ne joue plus au foot en Italie (même en amateur et jeunes)!

ROME "Calcio fou", "Calcio assassin", les affrontements entre forces de l'ordre et supporters de Catane qui ont tué un policier vendredi soir en marge du derby sicilien du Championnat de football faisaient la une de la presse italienne samedi.

"Un policier tué, le Calcio ferme... les Championnats suspendus pour une durée indéterminée", titre la Gazzetta dello Sport, le quotidien sportif le plus lu en Italie qui consacre sept pages aux incidents ayant émaillé la rencontre Catane-Palerme aux abords du stade.
Outre l'agent de police tué, 71 personnes ont dû être hospitalisées dans la nuit à Catane, et neuf supporters, dont quatre mineurs, ont été arrêtés.

La Fédération italienne de football (FIGC) a décidé de suspendre toutes les compétitions, dans toutes les catégories (de la D1 aux championnats amateurs et de jeunes) ce week-end, et le commissaire extraordinaire de la FIGC Luca Pancalli a laissé entendre que l'arrêt pourrait être plus long.

"Il n'est plus acceptable qu'un jeu, même s'il est vécu avec passion, entraîne des scènes de guérilla urbaine", insiste le journal, qui rappelle la mort, il y a moins d'une semaine, d'un dirigeant d'un club amateur qui tentait de s'interposer entre ses joueurs et des supporters adverses, en Calabre.

Le match amical que la sélection italienne championne du monde devait livrer contre la Roumanie à Sienne, mercredi, a également été annulé, tout comme la rencontre des espoirs contre la Belgique mardi.

"La guerre dans le stade", martèle La Repubblica, pour qui "le Calcio s'arrête, et c'est le minimum qu'il puisse faire." Dans un éditorial intitulé "Qui arrêtera les barbares?", La Repubblica souligne également que dans "la chaude Espagne ou dans la froide Angleterre (...) gagner est aussi important", mais "il n'y a pourtant que des murets de cinquante centimètres entre les pelouses et le public".

Pour Il Corriere della Sera, "la nuit" de Catane était "déjà écrite" et n'est qu'un drame de plus ajouté à la "violence qui dure depuis trente ans et augmente à chaque saison."

La Repubblica diffuse une courte interview de l'entraîneur de Palerme, Francesco Guidolin, pour qui "cela n'est plus du sport".
"Que voulez-vous que je vous dise. Le climat a été lourd depuis notre arrivée à Catane. Nous avons été escortés par environ 80 agents qui ne nous ont jamais lâchés une minute, comme si nous étions en guerre plutôt qu'à la veille d'un match de foot. Nous sommes restés enfermés à l'hôtel pendant un jour et demi sans même pouvoir faire deux pas en ville", raconte-t-il.