En plus d'un livre qui sort ce mercredi, Dejan Veljkovic faisait également l'objet d'une émission sur la VRT ce mardi soir. Ainsi, pour la première fois depuis le scandale du "Footbelgate", l'ancien agent de joueur a pu s'exprimer dans le documentaire Pano. Et le moins que l'on puisse écrire est qu'il ne va pas de main morte ! Parmi les personnes touchées: un certain Ivan Leko.

"Ivan était un bon ami", explique l'intermédiaire controversé. "Je l'ai aidé lors de son transfert à Lokeren (NDLR, le Croate a signé à Lokeren en 2010 en provenance du Beerschot). Lorsque Steven De Petter a été transféré en 2016 (NDLR de Malines à Saint-Trond, club entraîné à l'époque par Leko), il a reçu deux fois 6 000 euros. Plus tard, je lui ai versé une partie de la commission sur les transferts de Tomecak, Rits et Letica au Club de Bruges (NDLR, lorsque Leko entraînait le Club de Bruges)." Dejan Veljkovic explique également que dans certains cas, "une commission a été convenue pour Leko, mais l'argent n'a finalement pas été versé."

Des accusations très graves qui n'ont pas tardé à faire réagir le clan Leko. Sur Radio 1, Walter Van Steenbrugge, l'avocat de l'entraîneur est monté au créneau.

L'ancien agent de joueur Dejan Veljkovic s'est exprimé pour la première fois sur le scandale de fraude dans le football belge, dont il est la figure centrale, dans l'émission Pano sur la VRT. "Pendant une heure, il a eu toute l'attention, une vraie scène médiatique mais sans aucun contradicteur. C'est sans précédent", a-t-il commencé. "Je m'attendais à une telle interview. Ce sont des mensonges qui s'entremêlent à la vérité. Forcément, tout semble dès lors crédible. Mais cela ne l'est pas !"

Depuis le début de l'année 2020, Ivan Leko travaille en Chine depuis son départ de l'Antwerp. Pour son avocat, le Croate souffre de ce reportage. "En tant que coach, la fin d'année est le bon moment pour négocier un bon contrat. La réputation de mon client est ternie. Veljkovic cible clairement Ivan Leko avec des mensonges. Je ne vais pas faire le procès ici. Mais j'ai en ma possession suffisamment de preuves pour mettre en doute la crédibilité de l'ancien agent", a-t-il affirmé.

Résultat des courses: l'avocat va envoyer ce mercredi par voie d'huissier une lettre de mise en demeure à Dejan Veljkovic.

L'URBSFA laisse "la justice faire son travail"

Sacrément attaquée par Veljkovic, l'Union Belge a décidé "d'attendre les conclusions de l'enquête sur la fraude" et "laisse la justice suivre son cours." L'agent a expliqué lors de l'émission Pano que l'UB, censée entre la garante de l'éthique de notre football, a passé un accord frauduleux avec Erwin Lemmens, alors entraîneur des gardiens. Veljkovic avait participé aux négociations pour le contrat avec Steven Martens le PDG de l'URBSFA.

Les contrats avaient été avalisés par François De Keersmaeker, président de l'instance reine de notre football. Tandis que la facture avait été payée par Tom Borgions. A l'époque, ce dernier était... membre de la Commission des licences qui contrôle nos clubs. Par ailleurs, il est toujours actif à la fédération comme directeur financier. Pour la société Beneyug, l'ancien international aurait réalisé de fausses missions de scouting.

Beneyug est une société basée à Chypre et gérée par Veljkovic. Afin d'éluder l'impôt, il faisait transiter l'argent par cette société. Beneyug facturerait alors la Fédération belge de football. Cet argent est finalement allé non pas à Beneyug, mais à Lemmens.

Le porte-parole de la KBVB, Pierre Cornez, a confirmé mercredi à Belga que l'association de football "attend les conclusions de l'enquête sur la fraude" et "laisse la justice suivre son cours". M. Cornez a également rappelé que le contrat avec Beneyug a été signé à la demande de M. Lemmens. Par ailleurs, l'ancien gardien de but a été remplacé après deux ans de fonction. Le porte-parole de la fédération a souligné le fait qu'il y avait une "performance réelle" liée au contrat de Lemmens.