Une délégation du Conseil de l'Europe s'est entretenue mardi avec le président de la Fédération internationale de football Sepp Blatter sur les affaires de corruption qui ont secoué la Fifa récemment et les réformes en cours pour assurer une meilleure gouvernance.

Cette rencontre d'environ quatre heures au siège de la Fifa à Zurich, jugée "très fructueuse" par les deux bords, faisait suite à un rapport tranchant de l'institution paneuropéenne sur "la bonne gouvernance et l'éthique du sport" publié l'an dernier qui pointait du doigt l'instance dirigeante du football mondial.

Dans la foulée, l'assemblée parlementaire avait adopté une résolution le 25 avril 2012, dans laquelle elle appelait "spécifiquement la Fifa à prendre les mesures nécessaires pour éclaircir pleinement les faits sous-jacents aux divers scandales qui, dans les dernières années, ont terni son image et celle du football international".

"La Fifa est consciente que beaucoup a été accompli depuis 2011 mais qu'ils sont encore loin d'avoir tout réussi. Il y a encore des points à élucider", a déclaré à l'AFP la députée luxembourgeoise Anne Brasseur, présidente de la sous-commission sur la réforme du football international au sein du Conseil de l'Europe.

La délégation a ainsi interrogé Sepp Blatter et quelques responsables de la Fifa sur les histoires de pots-de-vin de l'affaire ISL - l'ancienne société qui gérait les droits de diffusion et de marketing de la Coupe du monde jusqu'à sa faillite en 2001 - et de l'élection à la présidence de la Fifa en 2011.

"Le séisme qui a commencé avec la faillite ISL et qui va jusqu'à l'attribution de la Coupe du monde au Qatar a finalement été salutaire pour réformer le tout en ayant de la transparence", a souligné Mme Brasseur.

"En y allant, je me disais qu'il y avait une chape de plomb, mais je n'ai pas l'impression qu'il y ait une chape de plomb", a estimé l'ancienne ministre, qui a été "agréablement surprise". Selon elle, aucun sujet n'a été tabou, même si "en une réunion, il n'est pas possible d'avoir les réponses à tous les points soulevés".

"Le message que je voulais faire passer est que toute gouvernance, qu'elle soit publique ou privée, doit avoir des structures claires, il faut de la transparence et être crédible", a expliqué l'ancienne ministre.

Cette sous-commission a prévu d'autres rencontres avec des dirigeants du football, à commencer par le président de l'UEFA - la confédération européenne - Michel Platini le 9 septembre à Nyon. Un mois plus tard, elle doit s'entretenir avec Mark Pieth, l'expert indépendant mandaté par la Fifa pour l'aider à se réformer.

Si après le rapport du Conseil de l'Europe, Sepp Blatter avait pointé une forme d'ingérence des autorités politiques dans les affaires internes du sport, le président de la Fifa n'a pas hésité à qualifier mardi cette réunion de "moment historique".

"J'ai beaucoup apprécié l'esprit de dialogue dont notre rencontre a été empreinte", s'est félicité le Suisse dans un communiqué. "Je me réjouis par avance de collaborer plus encore avec le Conseil de l'Europe".

Selon Anne Brasseur, il est du devoir des institutions politiques de s'assurer que les règles s'appliquent aussi aux fédérations sportives: "Notre responsabilité est engagée vu les sommes énormes investies par les deniers publics dans des infrastructures, il faut également que l'organisation et la gouvernance du sport en fasse le meilleur usage en toute transparence".