Football Pär Zetterberg a attrapé la maladie à 19 ans... à l'aube de sa brillante carrière

ANDERLECHT Cela fait quinze ans qu'il vit avec la maladie. Pär Zetterberg souffre du diabète mais cela ne l'a pas empêché de faire carrière dans le milieu du ballon rond. Et avec quel succès: deux Souliers d'Or (1993 et 1997), huit titres de champion (1991, 1994, 1995, 2000 et 2004 avec Anderlecht; 2001, 2002, 2003 avec l'Olympiakos) et une Coupe de Belgique (1994 avec Anderlecht) ! «J'ai attrapé cette maladie à 19 ans », rappelle Pär Zetterberg, qui va entamer sa dernière saison en tant que joueur au Sporting. «Tout d'un coup, je devais aller souvent aux toilettes, je me sentais faible, j'avais des troubles de la vue, j'avais soif et je perdais du poids. Huit kilos en deux semaines! Je me demandais ce qui m'arrivait. Une prise de sang a révélé que je souffrais du diabète.»

Le meneur de jeu suédois s'est alors rendu chez le Professeur Dorchy, un spécialiste en la matière.

«Je lui dois en partie ma carrière », avoue Zett, qui rend encore visite à celui qui est devenu son ami. «Il m'a décrit la maladie et m'a expliqué que, si j'étais discipliné, cela ne m'empêcherait pas de poursuivre ma carrière. Mes doutes, ceux de mon entourage et du club, se sont vite dissipés: en effet, le diabète ne m'a pas freiné.»

Grâce à un comportement exemplaire: une piqûre d'insuline avant de manger et de dormir et du sucre à portée de main en permanence. «Ma sacoche-banane ne me quitte jamais. Pendant les matches, Pierre Leroy a du sucre sur lui, au cas où je serais en hypo. Quand, au contraire, le taux de sucre est trop élevé, je dois me piquer. Cela remplace le rôle du pancréas, puisque le mien est mort

S'il ne s'astreignait pas ces soins quotidiens, Pär Zetterberg pourrait par contre craindre pour sa santé d'ici quelques années. «Aujourd'hui, cela n'influence pas ma vie de tous les jours. Oui, j'ai bien été l'une ou l'autre fois en hypo. À l'entraînement ou dans ma vie privée. Neuf fois sur dix, je sens que je suis en manque de sucre et il me suffit d'en manger. Sinon, je commence à trembler. Cela peut impressionner... Mais tu décides de ta vie: si je ne faisais pas mes piqûres tous les jours, je pourrais devenir aveugle à quarante ans, ou avoir des problèmes aux pieds, etc.»

Comme sur le terrain, il veut montrer l'exemple: «Je ne sais pas pourquoi j'ai attrapé le diabète. Certains disent que c'est génétique et que cela saute une génération mais personne n'était diabétique dans ma famille. Je fais tout de même suivre mes enfants. Moi, j'ai voulu prouver qu'on pouvait surmonter la maladie. Cela a forgé mon caractère et m'a appris à connaître mon corps. Je me soigne mieux.»

Cela a sans doute contribué à une telle longévité au plus haut niveau!

© Les Sports 2005