Donk, Vleminckx, Jorgacevic, Sollied : voilà autant de figures bien connues du championnat belge qui viennent de signer un joli contrat en Turquie. Et ce n’est que le début…

Si pour les trois derniers cités, il s’agit surtout de se relancer, le cas de Ryan Donk est plus interpellant. Voilà un joueur qui - quand il était bien luné - était l’un des meilleurs à son poste en Belgique et qui a décidé de rejoindre… Kasimpasa, un club méconnu en Europe. Le Néerlandais a pourtant très vite succombé à l’appel du nouvel eldorado turc.

Pourquoi ? Il ne faut pas tourner autour du pot : c’est avant tout une question d’argent. Sur les rives du Bosphore, l’ex-Brugeois touchera un million d’euros par an… net d’impôt. Soit plus de deux fois ce qu’il recevait en Belgique.

Donk est tombé sur le bon client : Kasimpasa est aux mains d’un richissime président qui veut en faire la quatrième puissance de Turquie. Mais c’est bel et bien tout le championnat qui a les reins solides.

"Si on prend le budget des clubs de milieu de tableau, il n’y a pas photo entre la Belgique et la Turquie", observe Fuat Capa, entraîneur belgo-turc qui vient de quitter Gençlerbirligi pour Erciyesspor. "Ici, chaque club reçoit entre 7 ou 8 millions de droits télé. Croyez-moi, le football turc a échappé à la crise."

Il est même en plein cercle vertueux : l’arrivée de Drogba à Galatasaray, par exemple, va continuer à faire croître l’engouement… et donc le flux d’argent autour du football.

"En fait, ici, on investit beaucoup dans les clubs de foot", précise Capa. "Comme c’est un sport extrêmement populaire, les présidents des clubs sont aussi de vraies célébrités en Turquie. Chaque fan de foot pourra vous nommer sans difficulté les 18 présidents, je ne pense pas qu’on puisse en dire autant en Belgique ! Du coup, les hommes d’affaires sont très attirés par le foot car il y a un retour très important en termes d’images. Avec cet argent, les grands clubs font de beaux transferts mais les petits aussi. Et c’est le niveau global qui augmente."

Le championnat turc a donc de gros moyens. Mais qu’en est-il de son vrai niveau ? Les salaires exorbitants ne sont-ils qu’un miroir aux alouettes ? On peut se poser la question.

BjÖrn Vleminckx , par exemple, a inscrit en Turquie 9 buts en 12 matches. À Bruges, il en avait mis autant... en 43 matches. Au classement Uefa des clubs, la Belgique (10e) vient même de dépasser la Turquie (12e).

Mais ce qui fait réellement la différence, c’est la taille du marché. Un club comme Galatasaray peut ainsi se targuer d’avoir plus de 33 millions de supporters. Conséquence : les grands clubs turcs ont tous un budget qui dépasse allègrement les 100 millions d’euros. Un chiffre qui devrait leur permettre de raccrocher le subtop européen, objectif que rêvent tous d’atteindre les grands clubs belges ces dernières années…

Oui, la Pro League a sans doute autant de qualités footballistiques que la Süper lig turque. Mais pas autant d’argent.

Benoît Delhauteur