Bruges et Standard: peu d'arguments de défense


BRUXELLES Deux phases de jeu similaires, dans les dernières minutes d'un match au sommet , ont joué un tour pendable au Club Bruges. Les Standardmen Onyewu et Fellaini, d'abord, les Anderlechtois Biglia et Juhasz, ensuite, ont, les premiers en effectuant une rentrée de touche et les seconds en prolongeant le ballon, déchiré le frêle rideau défensif du Club et privé les Brugeois d'une victoire précieuse qu'ils croyaient acquise.

Ce n'est pas la première fois cette saison que le Club se fait surprendre de cette manière. Ce fut encore le cas contre Roulers, dans la rencontre qui a coupé la tête d'Emilio Ferrera. Bruges s'érige même en récidiviste impénitent de ce genre d'erreurs fatales. Le Standard est son émule.

Comment est-il possible que des défenseurs aussi roués que les Brugeois ou les Standardmen répètent de telles bourdes ?

Ancien défenseur international et analyste TV, Bertrand Crasson avan-ce une ébauche d'explication : "Ce n'est pas une excuse mais de telles erreurs sont fréquemment imputables à la confusion qui, sur ces phases-là, règne dans le rectangle. Quand le ballon est bien délivré, qu'il arrive vite et que tout le monde se bouscule dans le rectangle, il suffit parfois que l'arrière perde son attaquant de vue une seconde pour que l'irrémédiable soit commis. Souvent aussi, le défenseur commet l'imprudence de se laisser attirer par le seul ballon et de négliger ainsi l'attaquant qu'il doit surveiller."

Bertrand Crasson n'incrimine pas vraiment les premiers défenseurs : "C'est souvent ceux qui sont chargés de négocier les deuxièmes ballons qu'il faut blâmer : ils n'ont soit pas bien anticipé, soit pas bien apprécié la trajectoire du ballon."

Comment remédier à cette carence ? "On peut marquer son attaquant de plus près ou user des ficelles du métier. On peut aussi travailler ces phases de façon spécifique. Mais les arrières ne sont pas seuls fautifs : le gardien n'est souvent pas exempt de reproche non plus. Les balles hautes sont le talon d'Achille de Stijnen. Bailly les négocie bien : la solidité de Genk sur ces phases de jeu en est la preuve."



© La Dernière Heure 2007