Les Blauw en Zwart ne se sont pas encore entraînés

BRUGES "François, tu vas nous manquer."

L'affliction stupéfaite qu'a générée l'accident mortel de François Sterchele, aux premières heures de l'aube de jeudi, ne s'estompe pas.

Avant-hier, de très nombreux supporters en larmes étaient venus orner d'un bouquet de fleurs la grille d'enceinte intérieure du club. D'autres fans étaient allés se recueillir au pied de l'arbre sur lequel s'est écrasée la Porsche du joueur brugeois. Ils y ont déposé des photos, des maillots et des écharpes du Club Bruges. Jeudi, la boutique du Club était restée ouverte. Les supporters s'y sont engouffrés en masse : "D'habitude, en fin de saison, on ne vend pratiquement plus rien, explique une employée. Jeudi, on nous a acheté 200 maillots, tous frappés du nom de François Sterchele."

Ce matin, après que le staff et ses équipiers se furent recueillis dans la chapelle ardente dressée sur la pelouse synthétique d'entraînement, de très nombreux supporters ont fait la file pour venir rendre un dernier hommage à leur idole dans un silence toujours poignant.

Certains formulaient même une suggestion : "Ce dernier match, contre Westerlo, ne nous intéresse plus, même si Anderlecht devait perdre à Mons. Une victoire ne recèlerait aucune signification. Le match ne se jouera que par hommage à François. Pourquoi l'équipe ne le disputerait-elle pas à dix unités ? Ce serait une belle manière de lui dire adieu."

Toujours profondément marqués, les joueurs du Club ont été libérés dès qu'ils eurent rempli le registre de condoléances. Ils ne se sont donc pas entraînés hier non plus.

Jacky Mathijssen n'a pas délivré de sélection. Il alignera ceux qui se sentiront aptes à jouer. Il n'y aura pas d'interview après le match. Seul l'entraîneur et Vermant parleront.

Mardi, dès 6 h 30 du matin, une forte délégation s'ébranlera à destination d'Alleur, où, à 10 heures, seront célébrées les funérailles en l'église St-Remy.

"François était quelqu'un de coloré. Je demande aux personnes qui viendront à l'église de ne pas porter du noir mais du blanc et du beige", a imploré Marlène Boonen, la maman de Sterchele.



© La Dernière Heure 2008