Quatre heures, un départ précoce de Charleroi (“On considère la décision comme définitive à notre égard et nous n’argumenterons pas pour rien”), un huis clos de la séance qui saute, des débats houleux pour finalement avoir une décision au plus tard le 22 février (sauf prolongation). La cour d’arbitrage aura de quoi débattre au vu du grand nombre d’arguments avancés et des règles remises en cause.

Sa première tâche, à la demande de Me Mayence, sera de statuer sa propre compétence en la matière. Tout d'abord par sa composition mais également par un article du réglement de l'Union belge qui impose un renvoi en arbitrage devant la CBAS. Cela interdit une demande de passage devant la justice civile. "Et si on accepte l'arbitrage, nous ne pouvons légalement plus aller devant les tribunaux ordinaires", dit Pierre Locht.

Le Standard est donc bloqué. La cour d’arbitrage a mis en avant le cas de l’arrêt du match de 2014 face à Zulte Waregem où le Standard n’avait pas avancé ces arguments. “Par peur de perdre notre licence”, précise la défense du Standard exposant des mails échangés. “L’URBSFA doit prévoir un recours légal”, indique Pierre Locht. “S’il n’y en a pas, il faudra pouvoir trouver une nouvelle instance.”

En pointant ces défauts le Standard a voulu frapper un grand coup dans la fourmilière et tenter de modifier le règlement de l’UB au niveau des supporters. En réponse, l’Union Belge n’a pas été tendre avec le Standard, qui n’a pas hésité à prendre une position offensive en pointant des manquements à la liberté d’association car les clubs sont forcés d’adhérer à l’UB. “Ils font tout pour retarder la décision et donc mettre la pression pour récupérer des points sur tapis vert” et “le Standard prend l’habitude de contester” a-t-on entendu du côté de la fédé avant que le club ne rétorque.

Si la cour d’arbitrage se reconnaît compétente, elle statuera sur la responsabilité du Standard et de Charleroi. L’URBSFA parle de responsabilité partagée car le Standard a provoqué les deux premières phases menant à l’arrêt du match. Le Standard a rejeté l’argument évoquant l’impossibilité d’agir à l’extérieur.

Le dossier s’annonce long à démêler et la réponse est attendue au plus vite.