Léonard : "Je ne parviens pas à réaliser"

Football

Propos recueillis par Yves Taildeman

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Léonard : "Je ne parviens pas à réaliser"
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Philippe Léonard a dit adieu au pote qui l'entraînait jusqu'il y a peu


Un moment de grande émotion


Photos des funérailles de Régis Genaux


LIÈGE Qui dit Genaux, dit Léonard et Goossens. Aucun trio n'a fait autant fait parler de lui que les trois joueurs du Standard au début des années 90. Sur le terrain mais aussi en dehors. Aujourd'hui, le trio est décapité. Nous avons invité les deux anciens potes de Reg , comme ils appelaient Genaux, à ouvrir la boîte aux souvenirs. Sous le choc des événements, Goossens a déclaré forfait.

Et vous, Philippe, comment avez-vous vécu cette semaine ?

"Elle était très bizarre. Je ne parviens pas à réaliser qu'il n'est plus là. Depuis ce coup de téléphone de votre collègue Michel Dubois, qui m'a annoncé la nouvelle, j'accuse le coup. Je ne cesse de penser à ces derniers moments passés ensemble."

À savoir ?

"Lors d'un des entraînements qu'il donnait à Lukunku et moi, tout près du Bois Saint-Jean. Souvent, je rigolais : 'Qui aurait cru un jour que tu serais mon coach ?' Après les séances, on s'allongeait dans l'herbe et on discutait de nos vies privées (Les larmes lui viennent aux yeux). Cela me donne la chair de poule quand j'y pense. Il m'avait l'air serein et heureux. Il est mort ainsi. Il était encore très ambitieux. Il voulait devenir coach en D1."

Après votre départ du Standard à Monaco, en 1996, êtes-vous restés en contact.

"Oui, mais pas quotidiennement. Il était plus proche de Mika Goossens. Mais quand on se voyait, le courant passait comme à l'époque. Il ne nous fallait pas vingt minutes. 'Léonard, tu n'as pas changé', me lançait-il. 'Ne me casse pas les c..., Reg', répliquais-je, et on était reparti pour bon nombre de plaisanteries."

Sa mort vous a fait réfléchir ?

"Terriblement. J'ai peur de mourir. Mais on n'a que 35 ans ! Ma femme m'a dit que je devais aller me faire examiner, alors que je ne ressens rien. C'est injuste. Moi, je ne l'avais jamais entendu se plaindre du cœur. Il ne courait plus avec nous parce qu'il avait mal au genou, c'est tout. Mais il jouait encore au tennis et au foot, notamment face aux pilotes de F1 quand c'était le Grand Prix de Francorchamps."

Qu'avez-vous dit à la cérémonie ?

"J'ai présenté mes condoléances, mais je n'ai pas trop parlé. Je n'aurais pas pu parler pendant la cérémonie, non plus. J'ai été fort touché par sa petite fille qui a couru vers moi quand j'ai été saluer le cercueil. Je me sens comme si on avait amputé une partie de moi-même. C'est pénible d'assister à l'incinération d'un proche."



© La Dernière Heure 2008

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