Les instances internationales misent beaucoup sur l’arbitrage à cinq dont les tests seront prolongés à l’avenir


BLOEMFONTEIN Les instances internationales mettent en avant plusieurs arguments pour refuser le recours à la vidéo.

Le volet économique. “On parle de vidéo dans les grands matches mais peut-on mettre vingt caméras aux Îles Féroé”, martèle Michel Platini. “On doit respecter l’égalité dans tous les domaines sur ce terrain.” Le président de l’Uefa fut longtemps un ardent partisan du recours à la technologie. Il a changé d’avis quand il a accédé à sa fonction à la tête de l’organisme européen mais il a raison : il est impossible de l’imposer partout et à tous les niveaux. Mais économiquement parlant, les injustices liées à des non-qualifications coûtent chers aussi. En cas de qualification pour les quarts de finale, l’Angleterre aurait touché quatre millions d’euros en plus. L’Eire avait de son côté vu s’envoler 6,3 millions… Les enjeux ne sont pas les mêmes partout.

L’absence de spontanéité. Le recours à la vidéo tuera-t-il la fraîcheur du jeu ? Ou le découpera-t-il en trop de temps morts ? Oui s’il est systématique mais si on limite son rôle aux phases qui ne sont pas liées à interprétation, l’influence sera minime. “Déshumaniser l’arbitre par la vidéo reviendrait à déshumaniser le football”, a un jour déclaré Joseph Blatter.

Les interprétations en amont de la phase. Que se passerait-il si la vidéo corrige une erreur mais démontre aussi que l’action devait être stoppée pour un hors-jeu, une faute ou une main avant le geste décrié ?

Le lancement de l’arbitrage à cinq. Depuis un an, l’Uefa a testé au niveau de la Ligue Europa l’arbitrage à cinq avec deux arbitres additionnels placés derrière la ligne de but avec la possibilité de rentrer dans le rectangle pour juger de certaines phases. Les instances internationales préfèrent ce système, onéreux lui aussi, mais qui maintient l’aspect humain de l’arbitrage. Les tests seront poursuivis la saison prochaine au niveau de la Ligue des Champions et des éliminatoires (puis la phase finale) de l’Euro 2012. Cette formule n’est toutefois pas infaillible.

Th. B.

© La Dernière Heure 2010