Pas de joueur de notre D1 dans le onze des Diables ? Normal : 54 % des joueurs de Pro League ne sont pas belges !

BRUXELLES Après Dick Advocaat et Georges Leekens, Marc Wilmots devrait devenir demain à Belgrade le troisième sélectionneur belge de l’histoire à titulariser 11 joueurs qui évoluent à l’étranger. Si le Diable est à la mode, tout particulièrement en Angleterre, un phénomène inverse s’observe sur les pelouses de Pro League où les étrangers sont majoritaires. En tout, sur les 445 joueurs qui forment les noyaux des 16 clubs de l’élite, ils sont 239, soit environ 53,7 % cette saison, confirmant une tendance qui s’est accrue depuis 2004-05, premier exercice où les étrangers ont été en majorité.

Faut-il s’en inquiéter ? Pas forcément selon Benoît Thans, qui pose toutefois des limites à l’utilisation abusive que peuvent faire certains clubs des joueurs venus d’ailleurs.

“Les étrangers sont intéressants quand ils amènent un plus. Si on a aussi fort chez nous, cela doit primer” , explique le directeur technique national. “Nous avons de bons jeunes et une bonne formation, j’aimerais la pousser. De plus en plus de jeunes intégrent les noyaux A, même si les meilleurs partent à l’étranger. Il faut être vigilant: on a de la qualité, il faut la privilégier.”

Voir autant d’étrangers affluer s’explique. À Courtrai par exemple, l’utilisation de la filière française repose sur des considérations économiques. Et les expatriés trouvent dans la Pro League un terreau fertile à leur épanouissement.

“La Belgique est aussi devenue une vitrine. Il suffit de regarder où sont partis De Bruyne, Courtois, Benteke, Lukaku, Witsel et Defour” , énumère Mogi Bayat, qui a, notamment, attiré, ces deux dernières saisons, Steven Joseph-Monrose et Kalidou Koulibaly en Belgique.

“Ils viennent chercher la lumière” , reconnaît Thans. “Monrose apporte un plus par exemple. Mais la priorité, c’est notre formation. Les Belges en Angleterre apportent un plus. On doit tendre vers cette solution chez nous aussi. Sinon, nos jeunes Belges partiront encore plus tôt car ils seront découragés” , poursuit le DTN avant de baliser le chemin à emprunter : “Quand les grands joueurs partent, notre formation doit les remplacer, c’est l’objectif. Sinon, on aura des problèmes.”



© La Dernière Heure 2012