Frutos attaque directement le staff médical du Sporting : "Mes blessures sont dues à de mauvaises revalidations"

ANDERLECHT Frutos n'a plus confiance dans le staff médical anderlechtois. Et il a décidé de le crier haut et fort. Selon lui, certains docteurs du club sont directement responsables des nombreuses blessures qu'il a subies. "Tout a commencé après ma première opération au genou, explique Frutos. Je voulais me soigner comme il fallait mais comme on était en course pour le titre, on a continué à me faire jouer." Anderlecht a gagné le titre en 2007 et Frutos est alors retourné en Argentine. "Le docteur Mendoza m'a alors déconseillé de me faire opérer à nouveau. Mais quand je suis rentré en Belgique, le staff du Sporting a voulu m'opérer et mon tort a été d'accepter."

"J'ai joué dans sept clubs, mais je n'avais jamais vu ça !"

Depuis, le grand Argentin ne s'en est jamais véritablement remis. "Mes problèmes actuels sont encore liés à cette intervention. Il y a surtout eu de gros problèmes de revalidation. Ce n'est pas un hasard si toutes ses blessures sont intervenues au niveau de ma jambe gauche ! En fait, je n'ai jamais acquis suffisamment de force musculaire dans la jambe pour reprendre dans de bonnes conditions. Parfois, on me donnait un papier avec des instructions, me disant de faire telle ou telle chose pendant des heures. J'ai déjà joué dans sept clubs et je n'avais encore jamais vu ça !"

S'il épargne le Dr Sas, qu'il remercie et avec qui il entretient de bons contacts, Frutos n'y va pas de main morte avec les autres membres du staff. "Ici, on ne parle même pas de la santé d'un joueur mais de la santé d'un être humain. Les médecins sont censés la protéger. Ils auraient dû me mettre au courant des risques que je prenais en continuant à jouer. Au lieu de ça, on a joué avec ma santé. En plus, des médecins qui ne m'avaient jamais examiné ont menti à mon sujet." Indirectement, Frutos met aussi en question les choix de Vercauteren, qui connaissait les risques pris. "J'ai souvent posé la question à Franky, avec qui j'entretenais pourtant une bonne relation : à quoi ça sert de travailler seul toute la journée si c'est pour continuer à être blessé ?"

Aujourd'hui, Frutos refuse catégoriquement de passer à nouveau sur le billard. "Si je dois être opéré, je préfère arrêter ma carrière et rentrer chez moi..."

Les tensions sont vives entre le staff médical et Frutos. Et comme le joueur est assez influent dans le vestiaire, ses critiques pourraient faire peur à ses équipiers. La direction mauve se retrouve avec un sérieux problème sur le dos.



© La Dernière Heure 2008