Jacky Mathijssen et cinq de ses anciens joueurs trudonnaires ont été entendus hier par le parquet de Hasselt

HASSELT À peine remis de la victoire chahutée de la veille face au Lierse, en quart de finale aller de la Coupe de Belgique, Jacky Mathijssen a été, hier, rattrapé par l'affaire de corruption présumée qui avait miné la fin du défunt championnat. Souvenez-vous, Charleroi et l'Ant- werp luttaient, entre autres, pour leur survie en D 1. Le club de Deurne perdit ses dernières illusions lors de la 33e et avant-dernière journée du championnat précédent, lorsque Saint-Trond s'imposa 1-2 en terres anversoises. Patrick Goots, alors attaquant de l' Old Club, lança à l'occasion un pavé dans la mare: selon l'actuel buteur du FC Malinois, Charleroi aurait promis une prime de victoire aux Canaris en cas de succès dans la Métropole. Quoi de plus facile puisque le tout nouveau coach des Carolos à l'époque était Jacky Mathijssen, happé au Staaien. Patrick Goots disait tenir ses informations de son équipier Marcos Pereira, un ancien joueur de Saint- Trond. Au terme de la compétition, l'Antwerp, relégué en D 2, avait alors porté plainte auprès de l'Union belge. Une enquête fut ouverte, elle concernait cet Antwerp- Saint- Trond mais aussi deux autres rencontres: Saint-Trond-Charleroi (1-2 le 28 février 2004) et Charleroi-Westerlo (3-1 le 20 mars 2004). Après de nombreux interrogatoires, la commission d'enquête de l' UB avait classé l'affaire le 26 mai, faute de preuves, mais l'Antwerp s'est ensuite présenté devant la commission de contrôle où l'affaire est toujours en cours, dans l'attente d'une enquête cette fois menée au civil par le cercle anversois. Le parquet de Hasselt, en charge du dossier, a, hier, donné un coup d'accélérateur à ses investigations. Six personnes ont été emmenées pour interrogatoire: deux actuels Canaris, Dusan Belic et Peter Delorge, des anciens de Saint-Trond, Thomas Caers et Désiré Mbonabucya, ainsi que Marcos Pereira (ex-Saint-Trond et Antwerp) et Jacky Mathijssen.

Si le coach carolo n'a voulu faire Jean-Pierre Deprez, l'avocat du club, a réagi: «Nous aurons une réunion de crise ce vendredi matin mais nous sommes fermement décidés à ne pas nous laisser faire. Ce coup bas asséné au Sporting ne restera pas sans conséquence. Nous allons porter plainte. Nous ne laisserons planer aucune ambiguïté! Il se produit en outre une violation de l'information judiciaire que nous n'acceptons pas.»

Côté trudonnaire, le directeur général Ludwig Sneyers était très étonné. «Nous pensions que cette affaire appartenait au passé. À l'heure actuelle, nous restons derrière nos joueurs, qui peuvent compter sur le bénéfice du doute.» Dusan Belic était lui furieux: «A six heures du matin, on m'a réveillé pour me dire que je devais me rendre à la police de Hasselt. La manière dont j'ai été traité est scandaleuse. J'ai dû passer quatre heures au cachot, seul. L'affaire a été classée alors nom de Dieu pourquoi reviennent-ils avec ça? Les insinuations que j'ai entendues ressemblent à des discussions de comptoir, après avoir bu une vingtaine de bières! Je veux être innocenté aussi vite que possible. S'il le faut, je porterai plainte pour diffamation.»

Hier soir, une personne était encore entendue dans les bureaux du service judiciaire d'arrondissement (SJA) de Hasselt. Il s'agit d'un Limbourgeois qui n'est ni footballeur, ni dirigeant mais qui semble-t-il est lié à l'affaire...

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