Deuxième partie de semaine oblige, les doutes ont fait place à l’espoir au stade Tondreau. L’espoir de voir l’équipe d’Enzo Scifo réagir au Ghelamco Stadium, dans l’antre de Gantois pas non plus au mieux de leur forme.

En attendant, tandis que Dimitri Mbuyu se mure dans le silence, Alain Lommers a accepté de prendre ses responsabilités pour faire le point sur la situation. En résumé, Enzo Scifo n’est pas menacé. Mais à l’Albert, on est conscient que la situation ne peut plus perdurer.

M. Lommers, cela faisait longtemps que vous n’aviez plus traversé de telles turbulences…

“Certains disent que la deuxième année est la plus difficile. Historiquement, pour Mons, c’est la troisième qui a toujours été problématique. C’est d’autant plus bizarre que rien, en fin de saison dernière, n’annonçait de telles difficultés. Cela dit, nous ne comptons que quatre points de retard sur notre tableau de marche de la saison dernière. La panique vient peut-être de notre calendrier, qui s’annonce assez lourd. Cumulé à cette lanterne rouge, cela interpelle.”

Comment avez-vous vécu ce début de saison ?

“Nous devions faire la différence lors du premier match, face au Cercle. Malheureusement, le partage concédé a écorné la confiance. Avoir mené trois fois à la pause prouve que notre équipe ne manque pas de qualités. Malheureusement, le revers face à Charleroi, alors que la partie devait être pliée à la pause, a fait mal. À présent, il est temps que le mercato se termine et que notre staff mette en place un onze de base.”

Ce qui inquiète, c’est l’absence d’âme de l’équipe à certaines occasions…

“Les joueurs doivent prendre conscience que Mons ne peut plus compter sur l’effet de surprise. Force est aussi de constater que contrairement au début de saison dernière, la réussite nous boude. Quant à l’âme, nous en avons vu une à Lokeren et à d’autres occasions. Je suis convaincu qu’il en ira de même à Gand. Reste à éviter les erreurs de débutants.”

Enzo Scifo est-il menacé ?

“Enzo est un employé avec un statut de cadre. Et comme tous les cadres, il a des objectifs à atteindre. Jusqu’ici, il les a toujours atteints en nous amenant, la saison dernière, à la septième position. Aujourd’hui, je ne dis pas que nous sommes d’accord avec tous ses choix mais jusqu’à présent, ses explications ont toujours fini par nous convaincre. J’espère que les renforts apporteront le petit plus qui fait actuellement défaut.”

Parlons des transferts. N’avez-vous pas agi dans la panique en recrutant quatre joueurs en quelques jours ?

“L’entraîneur avait fixé des besoins prioritaires. Notre erreur fut de nous focaliser un peu trop longtemps sur Benjamin Mokulu. Cet échec fut finalement un mal pour un bien car en cas d’issue positive, il aurait constitué le transfert le plus cher de l’histoire. Et nous n’aurions peut-être pas pu compléter le puzzle. Pour le reste, nous voulions déjà Christophe Diandy en début de mercato, mais, à ce moment-là, il était impayable. Beleck, Novillo et Soumah représentaient des opérations à bon rapport qualité/prix, en fonction des besoins d’Enzo. Quant à Mununga, qui est décrié, nous savions, en l’engageant, qu’il ne serait pas prêt avant septembre ou octobre. Joachim a déjà fait de gros efforts en perdant huit kilos.”

Il se dit qu’Enzo Scifo n’a pas été consulté lors des transferts de la semaine dernière…

“C’est clair : l’entraîneur donne son avis sur des positions, mais ce n’est pas lui qui débloque l’argent. Bref, c’est la direction qui décide des transferts. Nous n’avons peut-être pas attiré les noms que notre entraîneur désirait, mais nous sommes à Mons.”