Cinquième sacre d'affilée pour l'Olympique

PARIS Le 5e titre consécutif de champion de
France de Lyon, forgé en survolant la compétition avec insolence, est un exploit historique qui ne masque pas le nouvel échec européen de l'OL, dont la voix n'a pas porté plus loin que les quarts de finale de Ligue des champions de football pour la 3e fois de suite.

Avec un effectif pléthorique en joueurs de qualité, dirigé de main de maître par l'expérimenté Gérard Houllier, Lyon n'a eu aucune peine à consolider sa prédominance en France. Si en 2002, 2003 et 2004, l'OL avait dû combler un handicap pour revenir sur la première place du classement et qu'en 2004-2005 il avait pris la tête à la 10e journée, il a cette saison viré en tête
dès la 5e journée, créant très vite un écart béant.

Malgré cette domination en championnnat, "seule épreuve qui démontre la valeur intrinsèque d'une équipe", insiste Houllier, l'OL n'a pas su franchir un palier européen supplémentaire. Il n'en a toutefois jamais été aussi proche puisque Lyon a tenu son exploit jusqu'à la 88e minute du quart de finale retour face à l'AC Milan à San Siro (1-3, aller: 0-0). Jusqu'à ce que le rusé Filippo Inzaghi inscrive un deuxième but meurtrier.

Parce qu'il s'en est fallu de deux minutes, parce que la finale était programmée "à domicile" au Stade de France le 17 mai et parce qu'une qualification aurait pu effacer l'injustice ressentie après l'élimination sans perdre contre le PSV Eindhoven (1-1, 1-1, 4-2 t.a.b.) la saison dernière, cet échec a laissé une grande amertume au sien du club rhodanien. D'autant que les Lyonnais ont été handicapés par les suspensions de Juninho à l'aller et de Tiago au retour face à un Milan qui disposait de toutes ses stars.

Même si une qualification pour les demi-finales aux dépens du prestigieux Milan n'aurait pas fait de l'Olympique lyonnais un "grand d'Europe", elle aurait certainement donné du crédit et du lustre à un club qui s'installe parmi les clubs qui comptent sur la scène continentale.

Car malgré son palmarès encore vierge au plan européen, l'OL vient de se qualifier pour la dixième fois consécutive pour une Coupe d'Europe et, surtout, pour la septième fois d'affilée pour la première phase de Ligue des champions. Un record pour un club français, dont bien peu d'autres équipes européennes peuvent d'ailleurs se targuer. Le nouvel échec en quart de finale de C1 ne doit en outre pas faire oublier que Lyon a survolé comme jamais la première phase, devançant même le Real Madrid, corrigé au stade de Gerland (3-0) à l'aller et tenu en échec au retour (1-1).

Il y a un an, le président Jean-Michel Aulas avait précisé que "la déception née de l'élimination à Eindhoven a été un élément de la réflexion", concernant l'engagement de Gérard Houllier comme entraîneur, espérant que son expérience et ses relations favoriseraient la progression de l'OL au delà des quarts de finale.

Mais Gérard Houllier a toujours insisté sur "l'impossibilité de construire une saison sur les épreuves de Coupe". "J'ai été engagé pour gagner le 5e titre et continuer le travail effectué", entend d'ailleurs rappeler celui qui a fait progresser l'OL dans plusieurs domaines, sportifs mais aussi logistiques.