Quelques soucis de passeport avaient quelque peu stressé l’assemblée, mais tout le monde était finalement bien là pour s’envoler à Kiev (via Munich) hier après midi. Dieumerci Mbokani, accompagné de son épouse Marlène mais aussi de son agent, Fabio Baglio, et de son avocat, Laurent Denis, nous a accordé, juste avant son départ, sa première interview en tant que joueur du Dinamo Kiev. Avec un sourire jusqu’aux oreilles.

Quel est votre sentiment avant de vous envoler pour votre nouveau club ?  

"Je suis ravi. C’est un très grand club où je signe. Le président monte une très bonne équipe et on veut absolument reprendre le titre au Shakhtar Donetsk."  

Vous allez succéder à une légende en attaque du Dynamo : Andreï Shevchenko. Pas trop de pression ?  

"C’est un immense joueur et je veux faire aussi bien que lui là-bas. En signant à Kiev, je veux aussi montrer que je suis parmi les meilleurs joueurs africains. J’espère être dans la prochaine short-list pour le Ballon d’Or d’Afrique. J’ai 27 ans et je sens que j’arrive dans les meilleures années de ma carrière."  

Le championnat reprend déjà le 14 juillet là-bas. Serez-vous prêt directement ?  

"Oui, pourquoi pas ? Je vais vite commencer à m’entraîner et si le coach a besoin de moi, je serai prêt. Je veux marquer beaucoup de buts et autant commencer le plus vite possible. Mon but est d’en mettre encore plus qu’en Belgique."  

Allez-vous tirer les penalties au Dynamo ?  

"Bien sûr, je veux tirer. Je suis un attaquant et je prendrai les responsabilités qui vont avec."  

Vous parliez beaucoup de l’Angleterre. Ce n’est pas une déception d’aboutir finalement en Ukraine ?  

"Non car je suis dans un très grand club. Et puis on verra où la suite de ma carrière m’emmène. On ne sait jamais prévoir comment une carrière peut évoluer."  

Vous ne jouerez pas la Ligue des Champions comme Anderlecht mais l’ Europa League . Cela n’entame-t-il pas votre enthousiasme ?  

"Non, pas du tout. On espère faire un beau parcours en Europa League et retrouver la C1 dès la saison prochaine après avoir remporté le championnat. Je suivrai évidemment les résultats d’Anderlecht dans la compétition et je leur souhaite vraiment le meilleur."  

Vous avez fait vos adieux aux Anderlechtois mardi lors de l’entraînement à Neerpede. Étiez-vous ému ?  

"Oui, cela m’a touché. Ce n’est jamais simple de quitter des amis. John van den Brom m’a dit que j’étais un grand joueur et qu’il était fier de moi. Il a aussi précisé que je pouvais venir m’entraîner quand je voulais à Anderlecht vu que la trêve est plus longue en Ukraine. Dès le mois de novembre, le championnat s’arrêtera et on sera en congé."  

À Anderlecht, on vous cherche maintenant un successeur. On parle de Mboyo et de Batshuayi. De bonnes idées, selon vous ?  

"Il ne faut pas oublier que Tom De Sutter est encore là et qu’il peut marquer beaucoup de buts pour le Sporting s’il décide de rester. Batshuayi et Mboyo sont très bons aussi évidemment. Anderlecht doit reconstruire et ce sera sans doute un peu difficile au début, mais je suis certain que le club sera à nouveau en lutte pour le titre cette saison."  

Vous étiez comme chez vous à Bruxelles. Parviendrez-vous à avoir le même sentiment à Kiev ?  

"J’ai déjà pu visiter la capitale ukrainienne deux fois et c’est une très jolie ville. Je suis sûr que je m’y habituerai très vite. Je trouve que Kiev ressemble à l’Afrique. Les gens sont plus chaleureux qu’on ne le croit de l’extérieur."  

L’Ukraine connaît beaucoup de problèmes de racisme. Avez-vous tenu compte de cela ?  

"Il y a déjà beaucoup de joueurs de couleur au Dynamo et dans le championnat. Je ne pense pas que j’aurai des problèmes à ce niveau. Et puis, je n’ai peur de personne."  

Dernière question : rejouerez-vous encore un jour dans le championnat de Belgique ?  

"Dur à dire. (rires) Je pense que je peux encore jouer dix ans et j’aimerais finir ma carrière en Belgique ou au Congo."