La Ballon d'Or s'est fendue d'une attaque pas piquée des hannetons envers la sélectionneuse de l'équipe de France après son sacre.

Megan Rapinoe est une grande gueule. À trente-quatre ans, on voit mal l'Américaine changer de caractère. Et tant mieux, car avec la toute nouvelle Ballon d'Or, on vogue loin des interviews standardisées dont les joueurs et les joueuses nous gratifient parfois. La preuve avec l'entretien accordé par l'attaquante à France Football, publié dans la foulée de sa victoire dans la course à la gonfle dorée.

Interrogée par nos confrères sur le quart de finale qui a opposé sa sélection aux Bleues lors du Mondial, Rapinoe a expliqué "ne pas avoir compris le système tactique" mis en place par Corinne Diacre, l'entraîneuse française. En premier lieu, la championne du monde pointe le positionnement d'Eugénie Le Sommer. "Je ne comprends toujours pas pourquoi Eugénie a évolué à gauche lors de la Coupe du monde", a expliqué Rapinoe. "Elle devait être positionnée plein axe car elle est tellement créative. Ce qui aurait libéré la place pour Amel (Majri, Ndlr) qui rongeait son frein comme arrière gauche. Je n’ai pas compris le système tactique de l’équipe de France face à nous. Mais je suis reconnaissante envers la personne qui l’a mis en place", ajoute-t-elle avec ironie, mais sans citer Diacre. Dur comme un tacle de Wendie Renard, que la Ricaine considère d'ailleurs comme "un phénomène absolu".

Mais la Californienne ne s'arrête pas là. "Vu leur talent, les Françaises voleraient sur le terrain", indique en effet Rapinoe. "Mais elles ont tellement peur de perdre qu'elles ne s'autorisent pas à gagner. Relax, les filles ! Les Françaises ont peut-être besoin de se détendre ou d'être dirigées par un(e) coach plus débridé(e)." On appréciera le franc-parler mâtiné d'ego de la joueuse du Reign FC, qui s'était distinguée à la Coupe du monde cet été, marquant six buts et s'arrogeant les titres de meilleure joueuse et buteuse de la compétition, en plus du sacre suprême.

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De leur côté, les Françaises, qui classent trois de leurs représentantes dans le Top 20 du Ballon d'Or (la défenseuse Renard, sixième, la médiane Amandine Henry, onzième, et la gardienne Sara Bouhaddi, vingtième) avaient dû s'incliner lors de "leur" Mondial face aux États-Unis en quart de finale suite à un doublé de Rapinoe, sans jamais avoir semblé être capables de se libérer malgré un effectif riche de joueuses du calibre de Majri, Henry, Renard ou encore Le Sommer.

Un échec qui avait créé des remous, notamment entre Diacre et l'attaquante bretonne de l'Olympique lyonnais. La première avait regretté dans une interview diffusée sur Téléfoot début juillet que sa joueuse n'ait pas respecté les consignes, lui reprochant de rester collée à son flanc gauche, sans repiquer dans l'axe dans les phases de construction. "Je lui ai dit : 'Pourquoi tu restes à gauche ?' L’idée ce n’était pas ça. Notre projet de jeu, ce n’était pas ça. Le plan de jeu ce n'était pas ça. Sauf que c’est ce qu’elle a fait (...) Eugénie, cela fait vingt mois qu'elle joue à gauche avec moi. Si on regarde tous les matches de préparation, elle n'a jamais joué dans l'axe avec moi. Et quand elle a joué dans l'axe avec son club, on ne peut pas dire que c'est là où elle a été la plus performante."

Des critiques que la principale intéressée avait très mal vécu. "Je pense que je serais tombée de mon canapé si j'étais en train de regarder en direct", avait-elle répliqué au micro de RMC Sports. "C'est dur d'entendre cela mais bon, elle a dit ce qu'elle avait à dire, c'était son ressenti", avait-elle également dit. "Moi, je sais ce que j'ai fait, ce que j'ai apporté ou pas. Dans l'animation, c'était difficile de le faire, de rentrer dans l'axe. Je ne peux pas rentrer dans l'axe et jouer 10 quand on n'a pas le ballon. À aucun moment, je n'ai pas respecté les consignes." 

Et si le différend semble s'être aplani entre les deux femmes (celles-ci disent avoir eu une conversation pour apaiser les tensions, tandis que l'ancienne entraîneuse de Clermont a fait son mea culpa, affirmant continuer "d'apprendre les codes de la communication"), c'est aujourd'hui Renard qui égratigne sa coach dans son autobiographie, intitulée "Mon Étoile". Dans le livre, l'équipière de la Red Flame Janice Cayman à l'OL évoque une certaine "brutalité" dont a fait preuve Corinne Diacre à son égard. Une sélectionneuse qui a donc les oreilles qui sifflent méchamment ces derniers temps...