Un transfert à 55 millions malgré une dette colossale : comment le Barça a réussi à recruter Ferran Torres

C’est la question que tout le monde se pose. Comment Barcelone a-t-il pu acheter Ferran Torres à Manchester City alors que le club a plus d’un milliard de dettes ? Elements de réponse.

Un transfert à 55 millions malgré une dette colossale : comment le Barça a réussi à recruter Ferran Torres
©AFP

Le club catalan, qui vit une saison mouvementée, a donc cassé sa tirelire pour un remplaçant de Manchester City. Ferran Torres s’annonce comme la recrue phare du mercato d’hiver au Camp Nou. Il faut dire que les Catalans ont claqué 55 millions d’euros sur le joueur, auxquels il faudra ajouter 10 millions de bonus si certains objectifs sont atteints. A l’heure où les problèmes financiers de Barcelone ne sont plus un secret pour personne - le club a annoncé des pertes de 481 millions d’euros l’année dernière-, ce transfert interroge.

Pour bien comprendre, il faut distinguer deux choses. La première, c’est le prix du transfert. Et contrairement à ce qu'on pourrait penser, le Barça dispose de ressources. Cet été, il a souscrit un prêt de 595 millions d’euros auprès de Goldman Sachs pour soulager ses finances à court terme. Cela lui a offert une marge de manœuvre un peu plus grande, notamment pour agir sur le marché des transferts. Et comme la plupart des transferts de la planète foot, les montants se règlent en plusieurs fois. Cela veut donc dire que Barcelone ne paiera pas les 55 millions de Ferran Torres immédiatement à Manchester City.

Le casse-tête de l'inscription

La deuxième chose, c’est l’inscription du joueur auprès de la Liga. C’est là que ça se corse. Pour l’heure, Ferran Torres n’est toujours pas enregistré et ne peut donc pas jouer (il a de toute façon le Covid et revient de blessure). Les règles en Espagne sont en effet très strictes. Les clubs sont soumis à un 'salary cap', calculé sur base de ce qu’ils dépensent et ce qu’ils génèrent. A Barcelone, cette limite salariale est de 97,7 millions par an. Mais même sans Messi et Griezmann, partis cet été et qui prenaient déjà une belle part du gâteau, cette limite est largement dépassée.

Théoriquement, il est donc impossible pour Barcelone d’enregistrer de nouveaux joueurs. A moins de se débarrasser de quasiment toute l'équipe ou de rompre unilatéralement certains contrats très onéreux (Umtiti, Coutinho). Plus facile à dire qu’à faire, car cette deuxième option risquerait de se régler devant les tribunaux et coûter plus cher encore.

La Liga a donc prévu une exception pour ces clubs qui dépassent la limite. Ils sont ainsi soumis à la règle du 1/4. En clair, pour un euro dépensé, un club doit pouvoir en économiser 4. Pour enregistrer un joueur qui coûte 1 million en salaire par an, vous devez donc faire partir un joueur qui coûte 4 millions d’euros par an.

La retraite prématurée d’Aguero aide paradoxalement. Les salaires réduits de Piqué et Busquets aussi. Tout comme les éventuels départs sur lesquels le club travaille, comme Umtiti et Coutinho. C’est aussi pour ça que la prolongation d’Ousmane Dembélé, avec un salaire réduit, est très importante. Elle permettrait d’enregistrer une potentielle recrue puisque le Français gagnerait moins et donnerait plus de latitude à la masse salariale. L'équation est donc complexe.

"Pour être honnêtes, nous avons signé Torres en sachant que nous n'avions pas de marge salariale. Nous avons fait une exception car nous pensons qu'il en vaut la peine. Nous travaillons sur son inscription et nous sommes convaincus que nous y parviendrons", a expliqué cette semaine Mateu Alemany, le directeur du football du Barça.

La bonne nouvelle pour Barcelone, c'est qu'il y a fort à parier que l'année prochaine, cette limite salariale sera revue à la hausse, grâce à l'impact moins important de la pandémie sur les rentrées du club. De quoi rêver d'Erling Haaland ?

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