Un édito de Benoît Delhauteur, exceptionnellement disponible gratuitement pour l'ensemble de nos internautes.

Neymar au PSG. La saga de l’été va bientôt se terminer et rarement un transfert n’aura autant fait polémique avant même sa finalisation.

Sportivement, il répond pourtant à une certaine logique. L’entraîneur parisien Unai Emery l’a clamé haut et fort peu avant le début du feuilleton, comme pour préparer le terrain : "Si on veut atteindre nos objectifs, on doit faire venir un joueur du Top 5 mondial !" Ronaldo et Messi étant inaccessibles, le PSG a ciblé le meilleur joueur transférable : Neymar. Normal ! Avec le Brésilien, le club va acquérir une nouvelle dimension, sur le terrain et en dehors. Paris devient un prétendant encore plus sérieux à la C1 et va voir sa cote de popularité grimper aux quatre coins de la planète, de Saõ Paulo à Pékin. Mettez-vous 222 secondes dans la peau d’Antero Henrique, directeur sportif du PSG. Le jour où vous apprenez que le transfert de Neymar devient possible, vous ne dites quand même pas non ?

Mais la justification sportive du transfert touche à ses limites quand on évoque les montants en jeu. 222 millions à l’achat, 500 millions de coût total. Étourdissant. Cela répond partiellement à une simple logique de marché. Un Neymar vaut bien Lukaku, Morata et Salah ! Si le Barça ne voulait pas le voir partir à ce prix-là, il n’avait qu’à mettre une clause à 400 millions…

Mais là où l’on comprend l’ire catalane, c’est au sujet du montage financier mis en place. Neymar va toucher 300 millions en droite ligne du Qatar pour racheter lui-même son contrat ! Le PSG espère ainsi contourner les règles du fair-play financier. Cela va créer un précédent extrêmement dangereux. Et mettre en avant le côté le plus dégoûtant du football-business.

De telles pratiques donneront la nausée à la plupart des amateurs de ballon rond. Pourtant - assez naïvement on le conçoit - on veut croire que le football reste d’abord un sport plutôt qu’une affaire de gros sous. Et on espère que le prochain Barça -PSG sera une nouvelle fois un duel d’anthologie, où l’on parlera des dribbles de Neymar plutôt que de son salaire…