Trente-quatre ans après l'exploit sur les terres mexicaines, ces soldats de l'ombre de Diego Armando Maradona pleurent le départ de leur coéquipier, mais aussi leur idole et surtout illustre capitaine. Jorge Valdano, buteur en finale face à l'Allemagne de l'Ouest, est aujourd'hui consultant pour la chaine espagnole Movistar. Alors qu'il était au Wanda Metropolitano pour commenter le match des hommes de Simeone face au Lokomotiv Moscou, l'ancien attaquant n'a pas pu contenir ses larmes " J'ai beaucoup de souvenirs qui me viennent à l'esprit et qui m'ont arraché un petit sourire...".


Sergio "Checho" Batista, milieu de terrain qui partageait la chambre avec Maradona au Mexique, et ancien sélectionneur de l'Albiceleste, était en état de choc: " Je suis détruit. Je n'y crois pas. C'était un guide, un grand capitaine. Il nous a tous rendus heureux, pas seulement nous, qui étions dans le noyau, mais tout le peuple argentin. C'était quelqu'un de joyeux et d'affectueux. Il était toujours là pour moi dans les mauvais moments."   Nery Pumpido, dernier rempart de l'équipe championne du monde était seul dans sa chambre d'hôtel au Paraguay au moment d'apprendre la nouvelle " Cela a été très dur. C'était le plus grand de tous. Je ne veux pas y croire, ça fait très mal. Je l'ai eu au téléphone en juillet et il semblait être en forme. Malheureusement on reçoit cette nouvelle et j'ai la tête remplie de souvenirs. C'était un type extraordinaire."


Jorge Burruchaga, auteur du but victorieux à la 88ème minute face aux hommes de Beckenbauer a aussi eu du mal à y croire " Je pensais qu'il allait s'en sortir, comme il l'a fait à plusieurs reprises. En y réfléchissant un peu, il a tellement lutté, il a échappé tellement de fois à la mort, que je pense que ni vous ni moi n'aurions survécu à dix ou quinze pourcents des épreuves qu'il a surmontées. C'était son destin. Je ne peux pas croire à la mort, non seulement du meilleur joueur de tous les temps, mais aussi du plus grand leader."

Oscar Ruggeri, emblématique défenseur central de cette équipe, était, comme tous les jours, en direct sur ESPN au moment d'apprendre la nouvelle " J'ai vécu les meilleurs moments de ma vie avec lui. Personne n'a porté le brassard de capitaine mieux que lui." S'il a l'opportunité de murmurer quelques mots devant le cercueil, l'ancien joueur de Boca, River ou San Lorenzo lui dirait  " Merci capitaine, tu m'as rendu heureux et tu me rends encore heureux tous les jours quand les gens me remercient dans la rue. Tu es parti trop jeune. Tu ne méritais pas ça, tu méritais de profiter et d'être heureux."


Claudio Caniggia, son légendaire complice en attaque lors de l'épopée argentine qui les mena jusqu'en finale du Mondial 1990 lui a également rendu un vibrant hommage sur Twitter " Je suis dévasté par la nouvelle. C'était mon frère de coeur. Je n'ai pas de mots. Je veux accompagner sa famille dans ce moment douloureux."


Daniel Arcucci, journaliste argentin, a interviewé la légende pendant plus de trente ans "Il est éternel. Ce que Maradona a fait de sa vie ne m'intéresse pas, ce qui m'intéresse, c'est ce qu'il a fait de la mienne. Il nous a tous rendus heureux et personnellement il m'a fait grandir dans cette profession."