Coach des Fennecs, métier à risque: le nouveau sélectionneur de l'Algérie Georges Leekens, nommé en catastrophe le 27 octobre, débute sa mission samedi avec un périlleux déplacement au Nigeria en qualifications au Mondial-2018, et une pression déjà immense sur les épaules.

Un chiffre résume la difficulté du poste de sélectionneur: l'Algérie a déjà changé deux fois de technicien depuis avril 2016 et le départ du Français Christian Gourcuff.

Après l'intérim de Nabil Neghiz pour un match, c'est Milovan Rajevac qui a tenté sa chance.

Raté ! Le Serbe a jeté l'éponge trois mois seulement après sa nomination, dans la foulée du faux pas à domicile contre le Cameroun (1-1) en ouverture de ces éliminatoires.

Celui qui affirmait au lendemain de sa désignation vouloir faire avec les Fennecs "mieux" qu'avec le Ghana, qu'il avait emmené jusqu'en quart de finale du Mondial-2010, a été poussé dehors par les joueurs.

Ces derniers lui reprochaient notamment ses choix tactiques, et son manque de connaissance des langues arabe et française, selon la presse algérienne.

"Il y avait un problème de communication entre l'entraîneur et les joueurs. C'est pour cela que Rajevac a décidé de partir", a reconnu le président de la Fédération algérienne de Football (FAF) Mohamed Raouraoua.

Difficile de faire oublier le flamboyant Vahid Halilhodzic, qui a mené les Fennecs en 8e de finale du Mondial-2014, pour la première fois de leur histoire !

Le Français Christian Gourcuff, qui lui a succédé après l'été 2014, n'a jamais réussi à conquérir le coeur des supporters, au contraire du Bosnien.

L'ex-Lorientais s'est également mis à dos la presse locale, qui lui reprochait un système de jeu trop rigide.

L'entraîneur français n'a finalement pas survécu à l'élimination des Fennecs en quart de finale de la Coupe d'Afrique des Nations 2015, son premier challenge, alors que l'Algérie faisait figure de favori.

"La nomination de Gourcuff a été une erreur du patron de la FAF", estime l'ancien capitaine des Fennecs, Ali Fergani, qui a lui même dirigé la sélection algérienne en 1995-1996 et 2004-2005. "Christian Gourcuff n'était pas habitué à la pression des équipes nationales. Avant de prendre en mains l'Algérie, il n'avait entraîné que des clubs".

A contrario, Georges Leekens, lui, connait déjà la maison: le Belge a ainsi été à la tête des Verts en 2003 avant de quitter son poste pour des "raisons familiales".

Sa mission court jusqu'à la Coupe d'Afrique des Nations-2017, pour le moment. Tout dépendra de la prestation des Fennecs à la prochaine CAN (14 janvier - 5 février), où la troisième nation africaine au classement FIFA a été reversée dans le groupe B, avec le Zimbabwe, la Tunisie et le Sénégal. Et ensuite de sa capacité ou non à rapprocher de la qualification au Mondial-2018 l'Algérie, pour la 3e fois d'affilée.

"On va tout faire pour décrocher la qualification. Je veux vraiment aller en Russie avec l'Algérie", a déclaré le nouveau sélectionneur lors de sa première conférence de presse début novembre. "J'accorde toute la priorité à ce match contre le Nigeria. Je ne pense pas encore à la Coupe d'Afrique des Nations".

Au Nigeria, les Algériens seront samedi dos au mur, un peu comme toujours: une défaite compromettrait sérieusement leurs chances de disputer le Mondial en Russie. Et celles de Leekens de s'inscrire dans la durée.