”KO Mondial”, “fiasco total”, “la possession pour rien” : la presse espagnole flingue la Roja après l’élimination de la Coupe du monde 2022

Considérée comme l’une des nations favorites, l’Espagne est tombée en huitièmes de finale du Mondial face au Maroc.

Spain's players react after they lost the penalty shoot-out during the Qatar 2022 World Cup round of 16 football match between Morocco and Spain at the Education City Stadium in Al-Rayyan, west of Doha on December 6, 2022. (Photo by KARIM JAAFAR / AFP)
L'Espagne est une nouvelle fois éliminée en huitièmes de finale de la Coupe du monde. ©AFP or licensors

C’est la surprise de ces huitièmes de finale de la Coupe du monde 2022 ! Si la plupart des favoris s’en sont sortis avec plus ou moins de facilité pour poursuivre la compétition, l’Espagne s’arrête une nouvelle fois dès le premier match à élimination directe du Mondial face au Maroc qui a écrit l’Histoire.

Une débâcle que la presse espagnole ne s’est pas privée de commenter et d’analyser dans ses colonnes ce mercredi. Les unes des principaux journaux ibériques ne sont d’ailleurs pas tendres avec la Roja. “La Coupe du monde est trop grande pour nous”, écrit Marca, “KO mondial”, souligne Mundo Deportivo, “Quelle douleur”, pleure le journal Sport, “Échec mondial”, souligne de son côté Super Deportivo, “Pas assez pour plus”, estime encore El Mundo.

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La marque de fabrique de la sélection espagnole, basée sur un jeu de possession et de passes est de plus en plus critiquée dans le Royaume. Face au Maroc, l’Espagne a eu presque 80 % de possession mais n’a compté qu’un seul tir cadré. Une possession de balle stérile qui a agacé certains quotidiens du pays : “L’Espagne succombe avec beaucoup de possession pour rien”, titre ainsi El País, ajoutant que les joueurs ont fait “de la pure rhétorique sans aucune efficacité. Un tricotage de balle inutile face à un adversaire qui a réussi à déjouer le plan espagnol.”

Marca abonde dans le même sens, soulignant que “l’équipe nationale a été prise dans son jeu habituel, fait de nombreuses passes”, ajoutant qu'” on ne peut pas gagner un match sans tirer au but.”

”Le Maroc est resté derrière, laissant peu d’espace, tandis que le ballon collait aux chaussures des joueurs espagnols. C’était le scénario attendu et c’est ce qui s’est passé […] le jeu des milles passes s’est finalement écrasé contre un mur”, écrit de son côté As qui estime que la Roja va devoir prendre “un moment de réflexion” pour repenser son style pour espérer briguer un Mondial dans le futur.

Un manque d’efficacité jusque dans les tirs au but

Si le style espagnol était remis en question par la presse, celle-ci n’était pas non plus tendre avec les siens au moment d’analyser la terrible séance de penaltys, fatale à la Roja. Sarabia, Soler et Busquets ont tous les trois raté leur envoi. Mundo Deportivo résumait d’ailleurs bien la situation en écrivant que “les hommes de Luis Enrique n’ont pas réussi à marquer un seul but face à leur adversaire, pas même sur penalty”, parlant également de “fiasco total”, pour qualifier la Coupe du monde des Espagnols.

”Luis Enrique avait demandé à ses joueurs de tirer 1 000 penaltys avant d’arriver au Qatar, mais ceux-ci n’ont visiblement pas fait leurs devoirs”, ajoutait encore le quotidien sportif catalan.

Même son de cloche pour le journal Sport qui écrit que la Roja a été “éliminée avec un zéro : zéro but, zéro penalty”, pointant également que l’équipe avec “la plus large victoire (NdlR, 7-0 face au Costa Rica) dit au revoir au Mondial avec une bulle”. “Zéro but en 90 minutes, zéro dans les 30 ajoutées et zéro lors des tirs au but, l’Espagne rentre logiquement à la maison”, conclut le quotidien sportif.

La Roja n’avait pas bien fait ses devoirs face au Maroc

Pour Marca, ces trois tirs au but manqués constituent “un échec monumental”. Selon le journal espagnol, les joueurs n’étaient pas suffisamment prêts pour tirer ces penaltys, ce qui n’est pas nouveau dans l’histoire de la Roja “Article 1 d’une Coupe du monde : tôt ou tard, il y a une séance de tirs au but. Mais comme au Mexique en 1986, en Corée en 2002 et en Russie en 2018, l’Espagne quitte la compétition dans une spécialité qui l’effraie.”

Marca et El Mundo reviennent d’ailleurs sur les échecs de la Roja en Coupe du monde. Ce dernier pointe que c’est déjà “la cinquième fois en Coupe du monde que la sélection s’effondre des 11 mètres.” Depuis son succès en 2010, l’Espagne n’est plus parvenue à passer les huitièmes de finale. Ce qui inquiète grandement Marca : “Pour un pays qui possède l’une des meilleures structures sportives au monde, le bilan [des dernières années] est terrifiant. […] On supposait que depuis sa victoire en 2010, les complexes étaient terminés et que le football espagnol avait franchi un nouveau pallier, mais la réalité est que depuis lors, l’Espagne a échoué comme jamais auparavant dans trois Coupes du monde consécutives.”

L’avenir de Luis Enrique est remis en doute

Désormais, la Roja et sa jeune génération emmenée par Pedri et Gavi notamment, doit se tourner vers l’avenir. Mais la presse espagnole se demande si ce sera toujours avec Luis Enrique comme sélectionneur. Pour El País, “il est temps de réfléchir [à l’avenir]”. Le journal Sport parle de “cycle terminé” avec l’actuel entraîneur, estimant que Luis Enrique devrait partir à l’issue de cette Coupe du monde, voire en juin prochain après le Final Four de la Ligue des Nations.

Marca pose la question de l’avenir de la sélection, se demandant également si Luis Enrique n’est pas arrivé en fin de cycle. “Après un bon Euro et un bon Final Four de Ligue des Nations, cette Coupe du monde est un revers majeur. Certes, il a créé un groupe, avec un style particulier, mais le résultat n’est pas au bout du compte et le sentiment d’échec est évident”, souligne le quotidien.

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As estime de son côté que “la Fédération espagnole a de sérieux doutes” concernant Luis Enrique qui “n’a pas amélioré le bilan de Fernando Hierro, ce qui pèsera inévitablement contre lui.”

Les rumeurs vont d’ailleurs bon train et Marca pense que Luis Enrique pourrait rebondir à l’Atletico Madrid, évoquant déjà un certain… Roberto Martinez, qui a quitté les Diables rouges, pour le remplacer à la tête de la sélection espagnole.

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