Le milieu du football était-il encore plus touché par la gangrène que ce que l’on pensait ? Les révélations sur les problèmes de corruption, matchs truqués et autres arrangements entre amis du microcosme du ballon rond n’ont pas manqué, ces dernières années, depuis l’éclatement de l’affaire dite du "footgate" également appelée "opération zéro".

Mercredi soir, le documentaire réalisé par nos confrères Thierry Luthers et Patrick Remacle, L e milieu du terrain, diffusé sur la RTBF, a rappelé bon nombre de ces éléments qui ont fait la Une de l’actualité depuis octobre 2018.

Quelques faits nouveaux y ont été révélés. Ainsi, l’ancien président du Standard, Roland Duchâtelet, y expose comment, selon lui, il aurait été floué dans la course au titre 2014 par l’agent Mogi Bayat, qui aurait corrompu des joueurs de Genk pour qu’ils perdent volontairement un match contre Anderlecht. Le Limbourgeois raconte : "Bruno Venanzi (NdlR : qui lui succédait à la présidence du Standard en 2015) m’a dit un jour : ‘Incroyable, Mogi Bayat m’a raconté l’histoire du match de playoff 2014 Anderlecht - Genk qu’il a acheté avec des montres." Roland Duchâtelet n’y aurait d’abord pas accordé de crédit… avant de comprendre, lorsque l’on apprenait en 2018 que de nombreuses boîtes de montres étaient retrouvées au domicile de Mogi Bayat par la police, qu’il ne s’agissait peut-être pas d’une mauvaise blague. L’ex-président dit avoir déposé plainte à la police contre Bayat, mais n’aurait pas reçu de suite.

Le documentaire de nos confrères épingle aussi Mehdi Bayat, administrateur-délégué du Sporting Charleroi, d’abord en le confrontant aux multiples relations que son frère entretenait avec son club de Charleroi. D’après Thierry Luthers et Patrick Remacle, le nom de l’ex-président de la fédération belge "apparaîtrait dans le dossier du footgate". Ils ajoutent qu’il "aurait été entendu par les enquêteurs", sans parler toutefois d’inculpation.

Parmi les éléments neufs, les deux journalistes s’interrogent sur le transfert de Zoro Cyriac du Standard à Anderlecht et sur la façon dont Pierre François, alors directeur général du club liégeois, aurait été roulé dans la farine par Mogi Bayat dans cette transaction qui avait surpris du monde, à l’époque, puisqu’une clause de départ à 2 millions € était apparue dans le contrat du joueur, au grand bonheur d’Anderlecht.

Enfin, le rôle des montres de luxe dans ce milieu où l’argent et les apparences forment le couple royal est analysé de près et un joueur confie, sous couvert d’anonymat avoir entendu des équipiers reconnaître qu’ils ont été corrompus par ce biais pour perdre (ou essayer de gagner) des matchs.