Décidément, ces quatre rencontres de Ligue des Nations pourraient laisser des traces. Après l'élimination et le 2 sur 12 de la France, la claque des Diables reçue face aux Pays-Bas, l'Angleterre a également reçu une sacrée gifle. Une fessée 0-4 et une défaite historique car les Three Lions n'avaient plus perdu sur ce score à domicile depuis 1928.

Après cette rencontre, il ne faut pas aller bien loin pour chercher le coupable désigné en Angleterre: Gareth Southgate. Des chants venus du Molineux Stadium, le stade de Wolverhampton, étaient assez explicites: "You don’t know what you’re doing" ("Tu ne sais pas ce que tu fais").

Dur, très dur. Surtout lorsque l'on sait que le sélectionneur a amené sa sélection en demi-finale de Coupe du monde 2018 et en finale de l'Euro 2021. Sur Twitter, Jamie Carragher, ancien défenseur et consultant anglais, a tenu à défendre le bilan du sélectionneur. "Taisez-vous, clowns. Ce manager a porté le pays au plus haut niveau atteint depuis 1966, lors de deux tournois", a-t-il déclaré. Difficile de lui donner tort. En 2016, il avait repris une sélection en pleine crise de vieillesse et éliminé sans gloire par l'Islande lors de l'Euro. À défaut d'un jeu flamboyant, Southgate a préféré miser sur l'efficacité. Les résultats lui donnent raison jusqu'à présent.

Il faut sauver le soldat Southgate

Après les critiques, comme d'habitude, l'ancien international anglais a été diplomate. "Je comprends la réaction des gens dans le stade, mais j’ai envie de leur dire que ce groupe de joueurs a été incroyable, pour le pays", a-t-il commencé. "Il est important que les gens continuent de soutenir ces joueurs, parce qu’ils vont être encore très forts à l’avenir."

Ce qui prouve surtout une chose: Southgate croit en son groupe et le défend. "C’est mon travail de protéger les joueurs, ils ont été exceptionnels dans leur attitude et les résultats sont de ma responsabilité."

Un peu comme la France, elle aussi dernière de son groupe, l'Angleterre doit se demander s'il faut réellement tout jeter? Pour Harry Kane, la sélection a besoin de calme et de capitaliser sur ses acquis. "La défense a été la base de notre succès ces 4-5 dernières années", explique le numéro neuf de Tottenham. D'autant plus que le contexte de cette Nations League a été fortement décrié. "Ce n'est pas le moment de paniquer, c'est le moment de relever la tête. Au bout du compte, on doit se préparer pour ce qui sera une grande Coupe du Monde. C'est l'objectif principal. On a beaucoup appris lors de ce rassemblement et il faudra apprendre pour les matches de septembre."

Pour cela, il faudra faire mieux derrière que contre la modeste Hongrie. "En seconde période, c'est assez inacceptable, après le 2-0, d'encaisser les buts qu'on a pris." Pour bâtir ses résultats, l'entraîneur s'est surtout appuyé sur un groupe de joueurs qui se connaissent depuis longtemps. Face au calendrier démentiel, il a dû bidouiller, comme l'ensemble des grandes nations de manière générale. "J’ai essayé de trouver l’équilibre, entre voir de nouveaux joueurs et ménager les joueurs qu'on ne pouvait pas solliciter tout le temps, des joueurs plus expérimentés et meilleurs. Au final, les équipes que j’ai alignées n’ont pas été assez fortes pour obtenir des résultats face à la Hongrie."

Pour ses deux derniers matchs, les Anglais se déplaceront en Italie et recevront l'Allemagne. Deux tests grandeur nature où la fatigue n'aura plus sa place dans l'équation. Les hommes de Southgate seront-ils prêts? Rendez-vous après les vacances !