Nuit de fête dans toute l’Espagne

Football

Paco Audije, en Espagne

Publié le - Mis à jour le

Nuit de fête dans toute l’Espagne
© AP

Des miliers d’aficionados ont envahi les rues de toutes les villes espagnoles


MADRID Une chaleur torride et écrasante. Les rues étaient presque désertes. Le monde s’est agglutiné dans les endroits significatifs de chaque ville.

Des milliers de fans exprimaient leur espoir. Quelques avenues ou places étaient occupées par des dizaines de milliers de personnes qui voulaient voir gagner la Roja . Les bars étaient inondés.

“Si nous gagnons, je refuse d’aller travailler demain” , disait quelqu’un à nos côtés.

Les clubs, les institutions, les associations, les bourgmestres et les communes, ont fait installer des centaines d’écrans géants. Une habitude déjà pour se rassembler et vibrer ensemble.

À la 28e, c’est le coup de pied brutal de De Jong à Xabi Alonso “Merde, ils veulent nous arrêter à coup de pieds !”, crie un homme venu voir le spectacle dans la plaza de Cibeles, centre symbolique du Madrid du foot.

C’est là que les supporters du Real vont en pèlerinage à chaque occasion que leur équipe favorite gagne un championnat.

À Camas, province de Séville (sud), la température était de 40 degrés au moment du coup de sifflet initial. Plusieurs supporters portent une figure en forme de Paul, le poulpe prophétique, en rouge et jaune, comme un talisman. Le jeu très dur des hollandais fait rincer les dents.

“L’arbitre devrait les expulser. Ils méritent les cartons jaunes, pas nous”, nous disait une femme.

La télé fait le tour du pays. À Pampelune (nord), la fatigue des gens ne se voyait pas après les premiers jours de la semaine de fête de la San Fermín, qu’Hemingway rendit célèbre. Les Navarrais se sont réveillés tôt pour voir les taureaux chercher sauvagement les arènes où ils vont mourir à l’après-midi.

Les mêmes jeunes, venus dans le centre-ville, frôlaient à 8 heures du matin les cornes dangereuses des animaux.

A Barcelone, occupé hier par les manifestants souverainistes, environ trente mille personnes portaient le tee-shirt de la Roja et des drapeaux espagnols. La moitié de l’équipe espagnole joue au Barcelone.

Un certain nombre de gens squattaient les bars trois heures auparavant pour avoir une meilleure place à Albacete.

“Ils sont tous des cinglés”, nous disait Beatriz Martín, une amie de là-bas qui nous passe un coup de fil pour nous raconter.

La tension est maximale quand le but d’Iniesta fait sauter de joie toute l’Espagne.

À Albacete, sa ville natale, la folie est telle que notre amie Bea Martin n’arrive pas à pouvoir suivre la fin du match.

L’Espagne ne dormira pas ce soir. La joie est trop immense.



© La Dernière Heure 2010

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