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Revivez le chat avec Olivier Renard


MALINES Le Diable Rouge se livre à coeur ouvert sur des sujets sensibles comme la famille, le conflit communautaire, le rapport à l'argent... Il s'exprime comme d'habitude sans faux-fuyant.

Avez-vous des passions en dehors du football?
J'adore le sport en général. J'aime assez revenir le week-end dans la région de Charleroi pour jouer une partie contre mon père... Sinon, j'apprécie voir jouer mon frère au foot à Ophain. C'est toujours un plaisir pour moi de revenir voir la famille surtout depuis que j'habite dans le Limbourg...

Un francophone en Flandres, cela se passe bien pour vous malgré le climat communautaire un peu tendu?
Tout à fait bien, je trouve ces disputes vraiment ridicules. Néanmoins, je trouve qu'en général les Flamands ont plus de courage que les Wallons dans certains domaines. Il y a aussi beaucoup moins de laissez-aller... Le reproche principal des Flamands envers les Francophones? C'est qu'ils manquent parfois un peu d'ambition et de caractère. Mais attention, les Flamands ont aussi leur tort! Au niveau politique, ils ne mâchent pas leurs mots et choquent souvent avec des déclarations inutiles. Au lieu d'apaiser, cela met de l'huile sur le feu...

C'est quoi une journée type pour Olivier Renard?
Je me lève vers 7h30 car j'ai tout de même plus de 100 kilomètres à effectuer pour rejoindre le FC Malinois. Parfois je passe chercher des coéquipiers sur la route, il m'arrive souvent de prendre Bellemans ou Vrancken. Le premier entraînement est à 10h30 et le second à 15heures. Le temps de prendre la route et j'arrive à la maison vers 18h15. Ma fille Zoé, qui a 7 mois, occupe pratiquement tous nos temps libres. Nous allons la coucher vers 20 heures et ensuite profitons en couple de la soirée devant la télévision. De temps en temps, nous demandons à une baby-sitter de garder la petite pour avoir l'occasion d'aller au retaurant. Nous passons souvent des soirées avec les Deflandre ou Logan Bailly qui sont des amis et habitent dans la région..

On dit souvent que le football est un milieu de requins, vous prouvez donc que l'on peut s'y faire des amis?
C'est sûr que c'est un milieu « spécial ». Mes amis sont principalement ceux que j'ai fréquenté en début de carrière à Charleroi. Je pense à Teklak, Willot, Casto et Gérard. J'ai également une pensée pour Régis Genaux qui vient de nous quitter... Toutes ces personnes ont un peu la même mentalité que moi, ils sont professionnels et aiment tout de même boire un petit verre. Nous avons aussi tous un peu le même humour! Vous savez les amis, on les reconnaît aussi quand on change de club, si on continue à avoir des contacts réguliers ou non.

Les gens vous définissent souvent comme quelqu'un de gentil, cela vous énerve-t-il?
Non, pas du tout, au contraire!Seulement parfois cela peut être un problème car je ne sais pas dire non. Pourtant, ce n'est pas toujours facile de refuser tours les demandes des supporters. Ceux-ci me demandent par exemple de leur donner un maillot mais c'est pratiquement impossible de contenter tout le monde! A Malines, nous recevons deux maillots par saison que nous pouvons donner aux supporters (contre 10 au Standard). Parfois je veux tellement faire plaisir que je les paie moi-même!

Le plus important pour moi, c'est que les supporters sachent que je suis quelqu'un de sincère et honnête et qui dit ce qu'il pense. Quand je choque c'est souvent parce que l'on m'a provoqué... Cela m'a d'ailleurs joué des tours...


Vous aves des souvenirs particuliers de votre jeunesse?
Ce sont surtout des souvenirs sportifs mais je n'en ai pas un en particulier. J'ai toujours rêvé de devenir joueur professionnel. Je suis assez fier d'avoir eu un objectif dans la vie et surtout de l'avoir réalisé. Si je n'avais pas été footballeur? Je me serais peut-être occupé d'un magasin de sport.

Y a-t-il un événement qui vous a marqué dans l'actualité récente?
La crise financière évidemment. Je trouve malheureux que de nombreuses personnes, qui ont fait des sacrifices toute leur vie pour réaliser des économies, aient tout perdu à cause d'une mauvaise gestion. Cela ne doit pas être évident à surmonter! C'est souvent les simples citoyens qui paient pour des erreurs qu'ils n'ont pas commises... Je prends encore plus conscience de la chance d'excercer un métier où l'on a certaines facilités financières.

Les salaires des joueurs de foot ne sont-ils tout de même pas indécents?
Non, il faut savoir que notre carrière s'arrête à 35 ans. Nous devons donc effectuer les bons choix pour assurer l'avenir de notre famille. Certains critiquent les joueurs qui signent pour un club de seconde zone en Russie, Angleterre ou même au Qatar pour l'argent. Je ne comprends pas ces critiques. Je pense que 99% de la population ne refuserait pas un pont d'or si on lui proposait. C'est la même chose pour toutes les professions, quand on propose à un banquier de quitter la Belgique pour gagner dix fois plus à l'étranger... on trouve cela normal. Si on me proposait une offre pareille, j'en parlerais à ma famille mais ce serait tout de même très tentant d'accepter.

© La Dernière Heure 2008