Rencontre avec Alibhaï, le patron des Dogues , avant Genk-Olympic

CHARLEROI De passage à Charleroi cette semaine, Aziz Alibhaï emmènera famille et amis à la Cristal Arena samedi avant de repartir en Côte d'Ivoire lundi. Pourquoi un Indien a-t-il sauvé l'Olympic avant de l'amener en D2 ? Entretien.

M. Alibhaï, comment avez-vous débarqué dans le milieu du foot ?

"J'ai toujours été passionné. J'ai fait construire un terrain privé dans ma propriété. En 2002, je voulais évaluer mon fils, Raheem (NdlR : médian titulaire chez les Dogues). Je me suis tourné vers Jean-Marc Guillou et, de fil en aiguille, nous nous sommes associés. Depuis deux ans, je suis l'unique propriétaire de l'Ivoire Académie, qui réunit 25 pensionnaires et 25 extérieurs plus âgés sur sept terrains."

Comment avez-vous atterri à l'Olympic ?

"Cela s'est passé en janvier 2005 via Gabriel Santucci (Ndrl : un supporter acharné qui a, via ses contacts professionnels, oeuvré dans la plus grande discrétion et atteint Alibhaï via Guillou). Jean-Marc et moi recherchions justement un club de ce type pour y placer des académiciens. J'ai rencontré Daniel Végis, le président (NdlR : qui l'est toujours, l'ancrage carolo étant resté une réalité à la Neuville), qui a d'emblée soutenu notre plan."

Quel bilan tirez-vous après presque trois ans ?

"Nous avons développé un club qui était en détresse. Structurellement, financièrement et sportivement, c'est un succès, même s'il reste du boulot. L'avancement de notre projet se fait dans l'équilibre. Regardez : on n'a pas construit un ghetto d'Ivoiriens (NdlR : comme à Beveren sous Guillou) et des jeunes du cru tels que Pedini et Terwagne bénéficient aussi de l'ascenseur. Le seul point noir réside dans notre difficulté à remplir le stade."

Malgré ce sujet de déception, rejoindre la D1 rapidement constitue-t-il toujours votre objectif ?

"Nous avons gagné un an sur ce que nous prévoyions en montant en D2 cette saison et nous prouvons que nous y avons notre place. Franchir la dernière étape dans les trois années qui viennent est donc possible."

Combien avez-vous investi à ce jour ?

"J'ai mis 200.000 € pour reprendre le club et j'en suis à un total dépassant 1 million d'€. La passion a un prix... Notre budget actuel est de 700.000 € pour 500.000 en D3."

Viser l'élite, est-ce réaliste ? Le Sporting dispose d'une enveloppe dix fois supérieure...

"Cela ne me fait pas peur. Je vais prochainement plancher sur de nouvelles prévisions budgétaires en ce sens."



© La Dernière Heure 2007