Igor De Camargo n'a pas oublié le Brussels. Il regrette sa suspension pour ce week-end

SCLESSIN "Ma période au Brussels constitue un des meilleurs moments de ma petite carrière. J'ai gravi ce petit escalier avec beaucoup de plaisir. Ce fut vraiment un honneur d'évoluer là-bas."

Igor De Camargo n'est pas un ingrat. Il n'oublie pas l'importance capitale de son passage dans le club de Johan Vermeersch où ses prolifiques six derniers mois sous la baguette d'Albert Cartier (neuf buts en quinze matches) lui ont permis d'attirer l'attention du Standard.

"J'ai vécu de grands moments dans la capitale. Je ne garde que de bons copains de mon séjour. Avec la trace que j'ai visiblement laissée dans les coeurs là-bas, c'est le plus important, s'émeut-il. J'essaye, au maximum, de conserver des contacts avec la direction, le staff et les joueurs. Parmi ceux-ci, je citerai Chris Bruno, Alan Haydock, Richard Culek, Patrick Nys, Davy Theunis (NdlR : maintenant à Beveren) et Kristof Snelders (Lierse). Est-ce l'étape la plus importante de ma carrière ? Celle où j'ai le plus progressé ? Difficile à dire car je tente de m'améliorer constamment mais ce fut une étape capitale. À tel point que je me dois, dans mes propos, de remercier ce club, du président aux supporters, pour l'élan qu'il a donné à ma carrière et à mon épanouissement personnel."

"Le Brussels a de la chance :je fais mal à mes anciens clubs"

Igor De Camargo interrompt quelques secondes notre entretien. Il ne veut pas omettre une parole importante, un mot qui touche. Il poursuit sa distribution d'éloges envers ceux dont il fut le disciple : "Albert Cartier m'a appris à utiliser ce qu'on fait mal pour s'améliorer. Il aime dispenser d'excellents conseils et nous apprend que les plus grandes choses sont de l'ordre du possible si on les aborde avec un énorme enthousiasme. Il m'a aussi enseigné l'art de la sérénité."

Une sérénité, ou un self-control, qui lui a fait défaut le temps de quelques secondes dans les derniers instants du match face au Lierse. La sanction fut immédiate : car- te jaune. La troisième de sa saison qui le prive à nouveau des retrouvailles avec le Brussels. Pour la troisième fois en autant de tentatives puisqu'il était blessé lors des deux derniers Standard-Brussels. "C'est le destin, soupire-t-il. Pourtant, j'aurais réellement apprécié de disputer cette joute. C'est quand même dommage. Lorsque le Lierse est revenu de 2-0 à 2-2, il y avait de la nervosité et l'envie de jouer rapidement. Mon adversaire a fait son théâtre devant l'arbitre et j'ai écopé de cet avertissement. Je n'étais plus certain de moi : en avais-je un ou deux au compteur ? C'était deux. Mais le Brussels peut se réjouir de mon absence car à chaque fois que j'ai, précédemment, affronté un de mes anciens clubs, je leur ai fait mal. Avec le Brussels, j'avais inscrit le seul but du succès contre Genk et j'avais également marqué avec Heusden-Zolder contre la même phalange."

Le natif de Sao Paulo râle d'au- tant plus qu'il juge son club à un moment déterminant de sa saison. "J'espère bien qu'on va l'emporter. Le Standard est une gran- de équipe qui ne doit pas penser à perdre des points. Nous abordons un moment délicat de notre saison. Chaque point qui sera désormais perdu s'avérera crucial, estime-t-il. Notre ambition est très claire. Elle est perceptible dans l'objectif fixé pour cette saison. Quel est-il ? Arriver le plus loin possible et, si possible, remporter les deux compétitions pour lesquelles nous avons encore notre mot à dire. Malgré notre récent revers à Zulte-Waregem et la frayeur qu'on s'est procurée contre le Lierse, je suis persuadé que le Standard dispose encore des moyens nécessaires pour atteindre ces perspectives. Quant à la Coupe, il conviendra de ne pas manquer tous nos rendez-vous jusqu'au trophée."

Les sept points qui séparent son club des coleaders ne lui apparaissent pas insurmontables même s'il est conscient que chaque week-end passé sans grappiller d'unité(s) les rapproche d'un fossé de plus en plus difficile à franchir. Il ne souhaite toutefois pas lorgner uniquement le strapontin européen qu'octroie la troisième marche du podium.

"Un club du calibre du Standard doit conserver cette ambition de viser les deux trophées."



© La Dernière Heure 2007