Eric Joly ne garde aucune amertume envers la direction de l'Albert, son ancien club

OSTENDE Quand il est revenu d'Écosse pour signer un contrat d'un an et demi à Ostende, Eric Joly a directement consulté le calendrier de notre compétition pour marquer d'un cercle rouge la date de l'affrontement entre les Côtiers et Mons, club où il resta pendant deux saisons avant de devoir partir à cause d'un Sergio Brio qui considérait le Français comme un homme à Marc Grosjean. À la veille des retrouvailles entre l'Albert et l'un des meilleurs joueurs qui sont passés par le Tondreau, l'occasion était belle pour ouvrir la boîte à souvenirs de l'ancien élément de La Gantoise.

Première saison au Tondreau: «Je venais de me relancer à Alost et mon arrivée à Mons s'est bien déroulée. Nous possédions un bon groupe avec un entraîneur de qualité. L'équipe a assez vite trouvé ses marques et nous avons vécu une magnifique saison. Il y avait une confiance mutuelle entre les joueurs et leur coach. Cette solidarité, c'était notre force. Ce n'est pas pour rien que j'ai toujours actuellement des contacts avec de nombreux équipiers de l'époque. Mons venait de D 2 et s'est sauvé rapidement, on ne pouvait rêver mieux.»

«Le départ de Roussel fut difficile à digérer»

Deuxième saison au Tondreau: «On ne s'attendait pas à vivre un début de campagne aussi difficile. C'est vrai que le départ de Cédric Roussel fut difficile à digérer. Avec le même groupe amélioré de la présence de Wamberto et de Niemi, Mons se serait à nouveau maintenu en D 1 sans aucune difficulté. J'ai regretté le limogeage de Marc Grosjean, et cela m'a poursuivi par la suite. C'est vrai que nos résultats n'étaient pas merveil- leux et dans ces conditions, c'est toujours le coach qui saute.»

Sergio Brio: «L'entraîneur italien a voulu me casser, il a tenté de m' abattre. Mais j'ai tenu le coup, je n'ai jamais craqué, et cela, malgré les nombreuses crasses encaissées. Je réalisais de superbes entraînements mais je ne jouais pas le week-end. Même mes équipiers ne compre- naient pas pourquoi Sergio Brio se comportait comme cela avec moi. Parfois, il prenait un malin plaisir à me faire monter au jeu à une minute de la fin des matches. Mentalement, j'ai dû être fort pour ne pas craquer. J'ai toujours gardé le comportement d'un professionnel. En utilisant de telles pratiques et en voulant changer toute l'équipe, il était certain que Brio allait se brûler.»

«Mons va rester en D 1»

Dominique Leone: «J'ai un très grand respect pour le président de l'Albert. Mons doit être fier de pouvoir compter sur un tel homme qui s'investit énormément. Il n'y a pas en Belgique de nombreux présidents qui donnent autant de leur temps et de leur argent pour un club de football. Je n'ai rien à reprocher à la direction hennuyère. J'ai vu de mes propres yeux un monsieur comme Géo Van Pyperzeele prendre ma défense face à Sergio Brio. En ce qui concerne Dominique Leone, il s'est fait avoir par l'entraîneur italien qui possédait un CV monstrueux... comme joueur. Com- me entraîneur, il n'avait encore rien prouvé, et c'est toujours le cas.»

«Ce sera le match de la dernière chance pour Ostende»

Mons en D 1 ou D 2: «J'en suis certain, l'Albert ne descendra pas en D 2. Pour la deuxième année consécutive, Mons a fait les efforts financiers pour acquérir de nouveaux éléments qui permettront au club d'assurer son avenir au sein de l'élite. J'espère maintenant que la direction en place retiendra les leçons du passé pour connaître une prochaine saison plus tranquille. Surtout que les Dragons évoluent maintenant dans une enceinte digne de la D 1.»

D 1 ou D 2 pour Ostende : «Ce sera très difficile pour mon nouveau club de demeurer en D 1. Mais je suis persuadé qu'il n'y aura pas qu'Ostende, le Brussels et Mons qui seront impliqués dans la lutte pour le maintien. Sur ce que j'ai pu constater dans ce début de deuxième tour, Ostende n'a rien à envier aux autres phalanges de l'élite. De la douzième à la dernière place du classement général, les équipes se valent. Je sais que c'est spécial de dire cela alors que nous sommes seulement début février, mais Ostende jouera ce samedi soir son match de la dernière chance. Si nous perdons, nous ne reverrons plus les Montois.»

Son avenir: «A 32 ans, je considère que je suis comme le bon vin, je m'améliore au fil des années. Physiquement et mentalement, je réponds toujours présent. Je veux poursuivre ma carrière en Belgique l'année prochaine. À Ostende ou ailleurs... Il y a dans mon contrat une clause qui me permet de quitter le club en fin de saison pour une formation de l'élite si nous descendons en D 2. Mais pour l'instant, je me concentre sur le match de samedi. J'espère pouvoir défier mon ami Suray qui est avec Londo et La Placa l'un des survivants de la 1re saison de Mons en D 1.»

© Les Sports 2005