Ouali voulait rentrer chez lui !

Football

Michel Dubois

Publié le

Un but pour souhaiter "bienvenue chez les Ch'tis"

MOUSCRON "Et un, et deux et trois-zéro..." "Standard champion" ou encore "Tout le monde debout" scandés, sur l'air des lampions, par un kop enfin grisé : jamais encore, cette saison, le Canonnier ne s'était trouvé à pareille fête.

L'Excelsior l'a attendu longtemps, le premier succès de l'ère Scifo mais il ne l'a pas usurpé, même s'il n'a pas livré une rencontre d'exception. Il l'a forgé, contre un ténor en rupture provisoire de lignes de force et saoulé de coups depuis deux matches, en exaltant des valeurs retrouvées : la solidarité, la cohésion, l'organisation, la foi, l'agressivité dans les duels, une audace raisonnée, un brin de chance et un réalisme offensif, atouts que le Club Bruges n'est pas parvenu à exploiter.

Certes, les dauphins du Standard se sont ménagés plus d'occasions franches que les Mouscronnois. Ils les ont, presque toutes, galvaudées par maladresse. Quand ils ont visé juste, ils se sont heurtés à un impeccable Volders. Certes, les Mouscronnois se sont appuyés, prioritairement, sur deux lignes défensives costaudes dans lesquelles les Brugeois, par manque d'inspiration créatrice, se sont englués. Mais ils ont, aussi, judicieusement déclenché leurs contres, travaillant à la fois par les flancs et dans la verticalité. Là, ils auraient peut-être pu marquer davantage encore car ils n'ont pas toujours su exploiter la supériorité numérique dont les gratifiait leur prompte reconversion.

Guetté par ses potes, impatients de le congratuler, Idir Ouali n'avait, logiquement, cure de cette petite imperfection collective.

L'auteur du premier but qui, de leur propre aveu, a déstabilisé les Brugeois, narrait sa prouesse avec l'aplomb tranquille de son jeune âge : "Je n'ai appris ma titularisation - ma première ! - que le jour du match. Enzo Scifo ne me l'a pas annoncé la veille pour éviter que je passe une mauvaise nuit de vendredi à samedi. Avant que je monte au jeu, il m'a conseillé de me lâcher. C'est ce que j'ai fait... quand je suis parvenu à évacuer le stress qui, au début, m'étreignait. J'étais libre de m'exprimer offensivement. J'ai, heureusement, eu la chance de bien négocier mon premier ballon. Mon but ? J'ai frappé sans me poser de question."

Idir Ouali a failli ne jamais savourer cet indicible plaisir-là : "Je voulais quitter Mouscron, repartir chez moi, dans le Nord, à Roubaix. J'avais des contacts en CFA (D4). Ici, en réserve, j'étais usé mentalement. L'Excelsior s'est opposé à mon départ. Depuis un mois et demi, je joue mieux car mon temps de jeu s'est accru. Mes atouts ? Ma vitesse et mon sens du but. Ma faiblesse ? Je ne suis pas un homme de duels. Je n'aime pas les contacts..."



© La Dernière Heure 2008

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