Les Dragons ont plus d'un pied en D 2

KIEL Il restera toujours des optimistes qui prétendront que la situation reste jouable et que mathématiquement, rien n'est fait. L'Albert, dans sa totalité, a choisi cette optique. Si on ne peut lui donner tort, sur l'aspect purement comptable, on peut ne pas partager cette vision de l'avenir à (très) court terme qui voudrait que les Dragons finissent devant leurs adversaires directs pour la descente. A moins d'un miracle, Mons jouera l'an prochain en division 2. Bien plus que les chiffres, c'est surtout la prestation des hommes de Michel Wintacq qui incite... au pessimisme.

Pour ce déplacement capital à Anvers, les Montois avaient fait peau neuve, mais ils n'étaient sans doute pas prêts à cette mue. Jamais ils n'ont donné l'impression de comprendre le système concocté par le tandem Wintacq-Suray (à moins qu'il s'agisse d'un trio?).

Tout aurait pourtant pu basculer après six minutes seulement quand Aliyu Datti s'est présenté seul face à Luciano. Le Nigérian, cité à La Gantoise pour la prochaine saison, jouait mal le coup et le portier brésilien du GBA pouvait sortir le ballon en coup de coin. On avait alors le sentiment que ce système pour le moins original (5-4-1) porterait ses fruits mais sur l'action suivante, les hommes de Marc Brys trouvaient l'ouverture dans une défense extrêmement permissive où Snoeckx était bien seul. Ce coup de massue, Mons ne parvenait pas à l'encaisser. Ce n'est pas la demi-possibilité pour La Placa au quart d'heure qui changeait les faits: le plus dur avait été réalisé pour les demi-finalistes de la Coupe.

Par deux fois encore, Cavens était oublié dans le grand rectangle de Berthelin qui était tout heureux de voir l'ancien Standardman manquer du plus élémentaire des réalismes.

Michel Wintacq jouait un coup de poker à la mi-temps en introduisant Babatunde et Cortes, mais en conservant sa disposition tactique. Pas plus d'effet finalement (et c'était peut-être même encore moins bon) et il semblait évident que les Montois ne marqueraient pas samedi soir. D'autant qu'ils évoluaient pendant vingt minutes à dix, le malheureux Behi étant obligé de remonter sur la pelouse avec une fracture du péroné, mais avec une participation au jeu réduite à sa plus simple expression, en toute logique.

Le pressing attendu, on y avait droit à la 88e minute après une bonne sortie de Luciano devant l'invisible Babatunde. Cordaro, qui prend de la bouteille, avait essayé en vain d'influencer M. Bourdouxhe suite à un bel effort personnel mais l'arbitre n'était pas tombé dans le panneau.

Et en fin de compte, c'est le vétéran Henk Vos (pas des plus fair-play après sa montée au jeu) qui fixait les chiffres dans les arrêts de jeu, laissant les Hennuyers affalés sur la pelouse du Kiel, une pelouse maudite puisqu'il n'y ont pas encore pris le moindre point depuis leur accession en D 1. Et ça risque fort de ne pas encore être le cas l'année prochaine.

© Les Sports 2005