Qu'on l'aime ou pas, Patrice Evra n'a jamais eu sa langue dans sa poche. Que ce soit pour dire ses vérités ou parler de certains sujets de société. Alors qu'il sort un livre intitulé "I Love This Game", l'ancien latéral de l'équipe de France a répondu à différentes questions de la part des lecteurs du journal Le Parisien. Et comme à son habitude, il n'a éludé aucun sujet.

L'un d'entre eux fait couler beaucoup d'encre dans le milieu du ballon rond: l'homophobie. "Dans le monde du foot, c’est simple, tout est fermé", lance-t-il tout en apportant un soutien aux homosexuels. "Quand j’étais en Angleterre, ils ont fait venir une personne pour parler de l’homosexualité à l’équipe", explique-t-il. "Certains de mes coéquipiers ont dit lors de cet échange: 'C’est contre ma religion, s’il y a un homosexuel dans ce vestiaire, il doit dégager du club', etc."

Des positions qui ont passablement énervé le joueur. "À ce moment-là, j’ai dit: 'Tout le monde la ferme. Vous vous rendez compte'. Moi, j’ai joué avec des joueurs qui étaient homosexuels. En tête à tête, ils se sont ouverts à moi parce qu’ils ont peur d’en parler sinon. Il y a au moins deux joueurs par club qui sont homosexuels. Mais dans le monde du foot, si tu le dis, c’est fini", a-t-il expliqué.

Actuellement, l'homosexualité est un sujet tabou dans le monde du football. Ou presque. Car en octobre 2021, Josh Cavallo, un joueur australien, a fait la courageuse démarche de dévoiler son homosexualité sur les réseaux sociaux. Suite à ces révélations, il avait obtenu une vague de soutien à travers les réseaux sociaux... comme une tonne d'insultes homophobes.

"Je ne le fais pas pour moi, mais pour aider d’autres enfants"

Dans son livre, celui qui était l'un des frondeurs de Knysna (l'épisode du bus en Afrique du Sud avec les Bleus en 2010), aborde également un autre sujet très personnel: les abus dont il a été victime. Il raconte notamment que son agresseur était un professeur chez lequel il logeait "afin de réduire les heures passées à faire la navette entre son domicile et l’école. Le professeur, une figure d’autorité, a exploité sa position de pouvoir et s’est introduit de force dans ma chambre."

Histoire qu'il a rendue publique en fin d'année dernière. Pour se libérer d'un poids mais pas seulement. "Je ne le fais pas pour moi, mais pour aider d’autres enfants. Ma mère était effondrée, elle ne l’a appris que lorsque j’ai eu 40 ans alors que ça s’est passé lorsque j’en avais 13. Elle m’a déconseillé d’en parler d’en le livre mais je me devais de le faire", a-t-il expliqué aux micros de France Inter ce mardi.

Pendant longtemps, il a eu des séquelles de cette sombre période de sa vie. Il indique qu'il "ne pouvait pas pleurer" ni "faire confiance à qui que ce soit". Avant une rencontre qui va changer sa vie: "J'ai rencontré la bonne personne qui m'a permise de sortir mes émotions. Ma femme a réussi à enlever toute cette masculinité toxique qu’on a. Moi j’ai tout bloqué." Avant ensuite de conclure: "si cela tenait qu'à moi, je n'aurais même pas parlé de football."