C'est bien connu, Patrice Evra n'a pas sa langue dans sa poche. Sur les réseaux sociaux, l'ancien joueur de la Juve ou de Manchester United n'hésite pas à exhiber sa vie privée ou parler de sujet qui le dérange. Dernier en date: les propos polémiques de Noël le Graët, président de la Fédération Française de Football (FFF).

Sur BFM Business, le dirigeant était invité à parler de l'altercation entre Alvaro et Neymar qui a fait couler beaucoup d'encre en France. "Le comportement des joueurs n'a pas été exemplaire. Ça s'est mal passé, on le déplore. C'est dommage. Ils n'ont pas su garder leur calme, ni donner le spectacle qu'on attendait" a-t-il commencé. Jusque là, rien d'anormal. Ensuite, le président a embrayé: "Je ne sais pas ce qu'il a dit, je n'ai pas écouté. Sur un match, il peut y avoir des écarts. Mais on est à moins d'un pour cent de difficulté aujourd'hui. Quand un Black marque un but, tout le stade est debout. Le phénomène raciste dans le sport, et dans le football en particulier, n'existe pas ou peu." Il y a quelques semaines, il estimait également qu'il ne fallait pas arrêter les matchs après des cris racistes dans les stades.

Ces déclarations ont fait bondir Patrice Evra. Dans une vidéo sur Instagram, l'ancien latéral gauche n'a pas été de main morte. "Il faut faire virer Le Graët, parce qu'il a vraiment déconné. C'est grave. (...) Je n'ai pas de mots", débute-t-il en parodiant l'air de "Petit Papa Noël" après avoir fait réécouter l'interview du dirigeant. Il continue en exprimant son souhait de ne pas voir le président réélu lors des élections de la FFF prévues en mars. "Il faut partir. (...) Tu ne vas pas avoir le courage de te représenter? On ne peut pas laisser passer ça."

Ensuite, l'ex-international de 39 ans est revenu sur des révélations choquantes lors de son aventure avec l'équipe de France. "Au Château (de Clairefontaine), tu sais très bien ce qui passe. Combien de lettres on reçoit ? 'Didier (Deschamps), reprends tes singes et barre-toi en Afrique. Barre-toi avec tes singes et tes gorilles.' Combien de lettres comme ça ? On les cache, mais moi j'en ai vu certaines. On reçoit même des cartons remplis de caca !"

Ce n'est pas la seule anecdote dévoilée par 'Tonton Pat'. Il a également abordé les visites des hommes politiques lors des rassemblements.. "On sait que l'équipe de France n'appartient à aucun joueur, mais au peuple français. Mais on a quand même des places attribuées. Quand on mange, on a l'habitude de se mettre à côté de ce gars, parce qu'on a de bonnes relations etc... Mais à chaque fois que le Président venait, ou des hommes politiques, tout changeait. J'étais assis là et, d'un seul coup, j'étais au bout de la table. Là où il y avait normalement Mamadou Sakho et Bacary Sagna, beaucoup de sombritude (sic), il fallait changer. On mettait un Hugo Lloris et un Laurent Koscielny et le Président au milieu."

Il a ensuite poursuivi sans donner davantage de précisions sur la période concernée. "C'était les règles du jeu. On est en France, pas chez nous. Quand il y avait une photo du Président, c'était mieux de voir un Hugo Lloris et un Laurent Koscielny à côté de lui, qu'un Mamadou Sakho ou un Bacary Sagna. C'est dommage".

A ce jour, Noël le Graët n'a toujours pas répondu à Patrice Evra.