Pour ou contre la vidéo?

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N.Dum/F.Cha

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Pour ou contre la vidéo?
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Le débat sur l'arbitrage est relancé après les deux grosses erreurs lors d'Allemagne-Angleterre et d'Argentine-Mexique

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La vidéo et vite

Quelques arguments contre la vidéo

La Fifa ne veut rien entendre

BRUXELLES Ce dimanche 27 juin sera gravé à tout jamais dans les mémoires des passionnés de football. Pour les qualifications de l'Argentine et de l'Allemagne pour les quarts de finale? Non! Pour les deux grosses erreurs d'arbitrage qui ont aidé ces qualifications. Chaque fait et geste des hommes en noir sera toujours soumis à l'évaluation, c'est une évidence. Mais à chaque mauvaise décision, le débat sur l'arbitrage vidéo refait surface. A DH.be, en tout cas il est relancé. Bien que personne n'ait un avis tranché. Dans ce cas, ce n'est pas "non, pas de vidéo pour l'arbitrage". Tout comme ce n'est pas: "Oui, il faut la vidéo à tout prix".

Vidéo ou pas, les erreurs humaines, comme on en a vécues ce dimanche, existeront toujours! En fait, ce qui est interpellant dans ce débat, c'est que si, pendant un mois, on ne dénombre plus aucune erreur d'arbitrage, on n'en entend plus parler!

Face à un jeu de plus en plus rapide et à des acteurs de plus en plus roublards, le trio arbitral se retrouve bien souvent démuni, lui qui n’a que sa seule vision pour décider en une fraction de secondes du cours d’un match. L’utilisation de la vidéo lors des matchs ne permettrait sans doute pas à elle seule de résoudre tous les problèmes mais il convient de se pencher sur ses effets bénéfiques.

Le rugby, ce pionnier

C’est en grande partie au juge de ligne qu’incombe la responsabilité de décider si un ballon a, oui ou non, franchi la ligne de but. Or, combien de phases ont nécessité plusieurs ralentis pour voir si le but devait être validé ou pas. Il s’agit de se remémorer le célèbre but de Geoff Hurst lors de la finale entre l’Angleterre et l’Allemagne de 1966 pour voir qu’il n’est pas toujours évident de juger ce type d’action dans un laps de temps aussi cours. En rugby, l’arbitrage vidéo peut être sollicité lorsque l’homme en noir n’est pas certain de sa décision. Le Hawk Eye est d’application au tennis pour voir si la balle est bel est bien sur la ligne. L’utilisation en football d’une assistance dans des cas similaires éviterait certaines injustices et empêcherait les éventuels débordements de la part des joueurs.

Mais même en rugby et en tennis, l'utilisation des nouvelles technologiques ne permet pas non plus une décision sans faille. Souvenez-vous d'un match de l'équipe de France affrontant les Pumas en Argentine il y a quelques années. Les Français aplatissent dans l'en-but et croient à l'essai. L'arbitre demande l'aide de la vidéo... Les images diffusées à ce moment-là ne permettent pas de confirmer qu'il y a essai. L'arbitre sur le terrain le refuse donc. Bizarrement, dès le ballon remis en jeu, la production du match diffuse des images de cette phase sous un autre angle où l'on voit clairement que l'essai était valable et devait être validé! Et l'on ne compte pas les en-avant non sanctionnés non plus.

Dans le monde de la petite balle jaune, bien que la plupart des joueurs utilisent le Hawk Eye, certaines réactions des intéressés indiquent que ça ne marche pas à tous les coups. On se souvient d'un Federer à Wimbledon commentant le verdict de la vidéo... qu'il jugeait erroné.


Changer le rôle du quatrième arbitre

Bien souvent, on se demande qu’elle est son utilité, si ce n’est faire la police entre les petits bancs, annoncer les remplacements et le temps additionnel. Pourtant, le quatrième homme pourrait s’avérer précieux si on le plaçait derrière un écran de contrôle où il aiderait l’arbitre principal lorsque celui-ci a un doute sur une action ou quand un fait de jeu important lui échappe. C’est d’ailleurs en regardant l’un des écrans géants du stade de Berlin que le 4e arbitre de la finale du Mondial 2006 entre l’Italie et la France a indiqué à Mr Cantalejo que Zinédine Zidane avait asséné son fameux coup de boule. Une avancée dans l'arbitrage a déjà été faite en intégrant deux arbitres supplémentaires durant les rencontres de l'Europa League. Si on fait le bilan de la saison, on peut se demander à quoi ils servaient! Avant d'imposer les avancées technologiques, la FIFA devrait recadrer leur responsabilité.

Même si il est impensable que la technologie ne soit pas intégrée un jour par l'Ifab (International Football Association Board qui détermine et fait évoluer les règles), il faut rester prudent. La vidéo doit être conçue comme une assistance à l’homme mais ne pourra jamais se substituer à celui-ci tant le devoir d’interprétation des phases de l’arbitre reste important et qu’aucun moyen technique ne peut l’aider dans ce cas.

© La Dernière Heure 2010

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