L'administration Bush sponsorise Manchester United

MANCHESTER L'administration de George W. Bush assurera les affaires courantes jusqu'en janvier. En ce compris, la gestion du contrat (70 millions d'euros jusqu'en 2010) de sponsoring des Reds Devils mancuniens avec l'assureur AIG dont l'État US est devenu l'actionnaire principal. Une aberration du libéralisme correct il y a quelques semaines à peine, un cas loin d'être isolé aujourd'hui. La Belgique et les Pays-Bas sont aussi touchés avec Dexia ou Fortis, parraineurs du foot.

L'avenir dira si ces contrats seront ou non reconduits. Pour ManU , un successeur à AIG a été trouvé : un horloger haut de gamme suisse. "Le foot est un créneau intéressant , a-t-il déclaré aux tabloïds anglais , car derrière les grands clubs, il y a des yachts, des hélicoptères et des jolies femmes."

Nous l'avons déjà indiqué, le foot anglais est le plus menacé. D'abord parce qu'il est très endetté (3,9 milliards dont un tiers pour les quatre majors ). Les banques verraient d'un bon œil le retour de ces liquidités qui leur font tant défaut à l'heure actuelle.

En attendant, les premiers effets de la crise se font sentir dans le monde du ballon rond. La décision prise cette semaine par Roman Abramovich est hautement symbolique. Les trois-quarts des 25 scouts à temps plein de Chelsea (Premier League ) ont reçu leur C4. Il est vrai qu'ils étaient surpayés (plus de 125.000 euros par an).

Mais par contre, John Obi Mikel a reçu un nouveau contrat : 75.000 euros par semaine au lieu de 50.000. Le coach Scolari a été prévenu : pas d'argent pour le mercato d'hiver. Et on sait que les grands clubs jouent un rôle primordial dans le jeu de vases communicants du marché des transferts : pas d'argent au sommet, pas d'argent à la base de la pyramide.

Les autres championnats sont aussi menacés : la Bundesliga flippe sur les futurs droits télé, la Liga , sur la crise immobilière espagnole (pas mal de clubs ont misé sur la brique). En France, la crise ne frappera pas directement car les clubs ne sont pratiquement pas endettés (le PSG pourrait avoir des ennuis si son par- raineur principal, le fond d'investissement Colony Capital devait prendre l'eau).

En Belgique, on peut s'attendre à ce que quelques clubs rejoignent Lommel ou Harelbeke au cimetière du ballon rond.

Andy Burnham, secrétaire britannique à la culture a appelé "le monde du foot à casser le cordon qui le lie à la haute finance" . Autant demander à un chien de lâcher son os. L'idée de salary gap (plafonnement des salaires) fait son chemin. Mais on en parle depuis plus de 20 ans.



© La Dernière Heure 2008